Tanneurs : arrêt de travail le 15 juillet

Ils contestent l’arrangement entre Douane et Nouvelle Somatam qui fixerait la pénalité à  5 MDH seulement.

C’est au cours d’une réunion, tenue le mardi 1er juillet à Fès, que l’Association des tanneurs a décidé d’observer un arrêt de travail, pendant la journée du 15 juillet et de se constituer partie civile en déposant une plainte contre la Nouvelle Somatam, un de leurs confrères. L’association entend ainsi protester contre l’arrangement qu’aurait passé l’administration des Douanes avec la tannerie prise en flagrant délit de fraude sur une opération d’exportation.
De l’avis des tanneurs, les Douanes ont été trop souples avec la Nouvelle Somatam puisqu’elles n’ont demandé que 5 MDH au titre des dommages. Ils estiment que cette société a porté préjudice à tout le secteur, raison pour laquelle ils sont décidés à ester en justice.
La Douane, elle, précise, sans toutefois confirmer ou infirmer le montant des pénalités à verser par la Nouvelle Somatam, qu’il n’y a pas encore d’arrangement. «Les négociations se poursuivent. Maintenant, si les tanneurs veulent réagir, c’est leur droit !», confie-t-on. Et d’ajouter que «les tanneurs vont plus vite que la musique lorsqu’ils disent que la Douane a été souple sur ce dossier. Car l’arrangement en cours de négociations ne porte que sur l’opération d’exportation de 144 tonnes de wet-blue (variété de cuir) pour une valeur de 5,1 MDH. L’administration a toute latitude de revenir sur toutes les autres opérations effectuées avant ce flagrant délit». D’ailleurs, l’action en justice qu’elle a intentée à l’encontre de la Nouvelle Somatam ainsi que la saisie conservatoire sont toujours en cours. Le retrait de la plainte ne se fera qu’une fois l’arrangement concrétisé. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
La Douane et les industriels n’apprécient pas la sortie des tanneurs
Dans le milieu du cuir, la décision des tanneurs n’est pas partagée par tout le monde, mais le gros du bataillon y adhère quand même. «Il y a une procédure en cours, il faut laisser faire les choses. Il est vrai que la Somatam a fait du tort au secteur, mais ce n’est pas ainsi qu’il va être sauvé», plaident les modérés. Aujourd’hui, la démarche à suivre est de se mobiliser pour sortir le secteur de la crise. Plusieurs projets sont à l’étude notamment la mise à niveau de la filière en amont, le contrat-programme et la réglementation du commerce des peaux.Le dossier Somatam s’avère ainsi une occasion idoine pour mettre de l’ordre dans la filière qui vit dans l’anarchie depuis des années.
Quant à l’action de contestation des tanneurs, il est difficile d’en mesurer la portée. Par contre, il est sûr que les répercussions, notamment la pénurie et le renchérissement du prix des peaux, dues à la constitution d’énormes stocks en 2000 et les opérations spéculatives initiées par la Nouvelle Somatam ont laissé des traces. Reste à savoir si les pouvoirs publics sont décidés à mettre leur nez dans ce secteur pour savoir à qui profite l’anarchie