Suppression de niches fiscales, réduction des dépenses… La politique d’austérité arrive !

La subvention de certains produits sera revue à  la baisse. Plusieurs scénarios seront soumis à  l’Exécutif.

Le gouvernement entretient le suspense sur les nouvelles dispositions qui devraient accompagner la Loi de finances 2012. Sur le plan formel, il s’agit bien d’une nouvelle loi et non d’amendements ou d’une loi de finances rectificative dont les grandes orientations ont été validées, mardi 7 février dans le premier Conseil des ministres du nouvel Exécutif mené par le PJD.
Pour connaître le contenu du projet qui sera déposé devant le Parlement, il faudra attendre une dizaine de jours au moins. Pourquoi ce délai ? De fait, la dégradation plus rapide que prévu des finances publiques a poussé l’Exécutif à revoir ses cartes.

Les riches qui profitent des subventions paieront autrement

Ainsi, le fonds de solidarité qui avait été imaginé par le précédent Exécutif sera bel et bien introduit dans la Loi de finances, mais avec une taxation élargie à d’autres secteurs/produits, en vue de dépasser l’objectif des 2 milliards de DH qui avait été visé dans la première mouture.
Au delà donc des secteurs considérés comme contributeurs potentiels en raison de leur forte rentabilité comme les banques, les télécoms, les assurances et le ciment, des produits consommés par la classe aisée comme les alcools forts -mais pas seulement- devraient faire l’objet d’une taxation supplémentaire. «Il s’agit aussi, à travers de telles mesures, de répondre à la logique de la restitution, puisque tout le monde profite des subventions financées par la Caisse de compensation», explique une source bien informée au sein du ministère des finances qui tient à préciser que, pour le moment, rien n’est définitivement arrêté, si ce n’est l’objectif d’élargir le spectre des contributeurs.
La même indécision caractérise d’ailleurs les dépenses de compensation qui devront impérativement être revues à la baisse. Car, entre le sucre, la farine, le carburant, l’improbable butane ou encore le très vraisemblable fuel industriel, on planche sur plusieurs scénarios de hausse de prix qui seront soumis pour décision politique à l’Exécutif. Une seule certitude, faire en sorte que la facture du soutien au prix soit inférieure à l’effort de l’investissement consenti annuellement par l’Administration (et non pas celui des entreprises publiques).
En ligne de mire, un retour à des équilibres macro-économiques sains. Car il faut bien remarquer que pour la première fois depuis plusieurs années, le solde ordinaire des finances publiques (recettes ordinaires-dépenses ordinaires) est négatif. Plus jamais ça, semble-t-on dire chez l’Exécutif, l’endettement doit aller à l’investissement.
Pour cela, l’Administration devra réduire substantiellement son train de vie (hors salaires) et la dépense fiscale qui atteint les 35 milliards de DH sera revue à la baisse, au moyen de la suppression des réductions ou exonérations fiscales. L’on comprend donc que l’élaboration de cette Loi de finances d’austérité prendra encore une ou deux semaines…