Suppression de la commission sur les billets : pas d’issue pour le moment

Les arguments de la RAM rejetés par les voyagistes.

Lors de la dernière assemblée générale de la FNAVM (Fédération nationale des agences de voyages), qui s’est tenue samedi 21 mai à Marrakech, une question a monopolisé les débats. Il s’agit de la décision de la RAM (Royal Air Maroc) de changer le mode de rémunération des agences de voyages. La compagnie nationale qui, jusqu’à aujourd’hui, versait aux agences de voyages une commission de 7 % sur le chiffre d’affaires HT réalisé à partir de la vente de billets, a décidé de supprimer cette commission, et de la remplacer, à partir de novembre prochain, par des frais de dossiers qui seraient d’ailleurs répercutés directement sur le client. Une telle pratique, appelée «nouveau mode économique», qui a vu le jour aux Etats-Unis et qui a été adoptée, il y a un peu plus d’un an, par les pays européens, n’est pas du goût des voyagistes marocains.
«Ce système a mis 10 ans pour traverser l’Atlantique, et on veut qu’il traverse la Méditerranée en moins de 6 mois», commente Faouzi Zemrani, président de la FNAVM, qui précise au passage que des pays comme l’Egypte, la Tunisie ou la Turquie n’ont pas abandonné le système de la commission et que même la RAM la pratique encore sur son réseau africain. Déjà, rappelle-t-il, le Tribunal de commerce de Casablanca n’a pas encore tranché sur la décision unilatérale de la RAM de ramener la commission de 9% à 7% que la compagnie décide de passer en force une autre décision.
A la RAM, on pense qu’au contraire, ce nouveau mode de rémunération contribuera à tirer la profession d’agents de voyages vers le haut. Pour Saâd Azzioui, directeur réseau pour le marché intérieur, la compagnie se doit d’harmoniser sa politique commerciale avec le contexte international. D’après lui, le système de rémunération par commission est condamné, à terme, car il ne sera plus en mesure d’assurer aux agences de voyages un chiffre d’affaires conséquent. «Les agents de voyages ont tout intérêt à déconnecter leur chiffre d’affaires du prix du billet», dit-il.
Ce que propose le nouveau mode, poursuit-il, c’est une grille de frais de service, variables selon les prestations fournies par l’agence au client. Selon lui, ce nouveau système incitera les agences à prospecter de nouvelles niches de services. Comment se fait-il alors que la FNAVM s’y oppose officiellement ? «Nous allons revenir à la charge et expliquer encore et encore, car nous restons dans un esprit de dialogue», conclut Saad Azzioui .