Suivi des investissements : contrôle plus rigoureux de l’Etat

Sur 62 projets industriels agréés depuis 1999, 3 seulement ont été résiliés et 6 sont en retard.
De janvier à avril 2007, 33 autres conventions ont été signées pour un total de 46,5 milliards de DH.
La Direction des investissements surveille étroitement l’évolution et l’état d’avancement des projets.

C’est incontestable : le suivi des investissements est mieux fait que les années passées. Aujourd’hui, la Direction des investissements est à même de faire en temps réel le point sur les différents projets approuvés, le taux de réalisation, les difficultés de mise en œuvre…

Qu’on en juge : de janvier à avril 2007, le Premier ministre a présidé trois réunions de la Commission des investissements qui a pu prendre connaissance de 50 projets dont 37 ont été soumis pour approbation, 6 pour information en plus de 6 requêtes. 33 projets d’un montant global de 46,5 milliards de DH, susceptibles de créer 16 722 emplois stables, ont ainsi été validés. C’est un saut qualitatif en termes d’investissements et de création d’emplois qui a été réalisé par rapport au premier semestre 2006 où un nombre équivalent de projets, soit 33, avait été agréé. En effet, le montant global de l’investissement lors du premier semestre de l’année écoulée s’est élevé à 20,41 milliards de DH pour 6 594 emplois prévus.

D’où viennent ces investissements ? Pour le premier semestre 2007, ce sont les Emirats Arabes Unis (EAU) qui arrivent en tête avec 30,5 milliards de DH dans deux grands projets. Ils sont suivis par l’investissement d’origine marocaine avec 11 projets totalisant 11,6 milliards de DH. En troisième position, on trouve l’Espagne avec 5 projets totalisant 1,4 milliard de DH et 2 730 emplois. Les investissements allemands portent sur deux projets de 473,5 MDH qui permettront de créer 2 000 emplois. Le reste des projets est initié par des investisseurs originaires d’autres pays (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne).

Les secteurs les plus attractifs sont le tourisme qui a drainé 11 projets, 37,8 milliards de DH et 6 677 emplois, l’offshoring avec un projet de 2,86 milliards DH et les industries mécaniques métallurgiques, électriques et électroniques, avec 6 projets et un investissement de 2,6 milliards. A eux trois, ces secteurs représentent 93 % de l’enveloppe globale.

Rabat-Zemmour-Zaër en tête grâce à Saphira d’Emaar
Concernant la localisation des projets, la palme d’or revient à la région Rabat-Zemmour-Zaër avec 30,5 milliards de DH grâce au projet Saphira du groupe Emaar, suivie du Grand Casablanca avec 5,7 milliards pour des projets industriels. On relèvera une petite percée de l’Oriental, grâce à la réalisation des investissements de Fadesa, et du Gharb Chrarda qui accueille, à Kénitra, deux projets automobiles, d’origine allemande et britannique.

Ces projets vont-t-ils tous aboutir ? Pour l’instant, on les suit de près car l’expérience a montré que des projets annoncés en grande pompe n’ont jamais vu le jour.
Aujourd’hui, la Direction des investissements dispose de l’état d’avancement de tous les projets d’investissements qui ont fait l’objet de conventions de 1999 à février 2006. Ils sont au nombre de 120, totalisant un investissement global de 106 milliards de DH avec, à la clé, 64 780 emplois à créer dont 36% dans le tourisme, 45% dans l’industrie et 19% dans les services.

Au titre des aides, le Fonds de promotion de l’investissement (FPI), dont la dotation actualisée s’élève à 300 MDH, a débloqué 119,3 MDH au profit de 11 projets (voir tableau), sans parler des exonérations douanières et fiscales accordées dans le cadre des conventions.

Pour ce qui est, enfin, de l’état d’avancement des 62 projets industriels dont les conventions ont été signées, 26 % ont été réalisés entièrement, 66% sont en cours de réalisation et 3% sont tout juste entamés. En revanche, les conventions relatives à 3 projets – deux signés en 2002, Mena Can et Asment Oulad Zidane, et un en 2001, Prima Electronics – ont été résiliés. Les états de la Direction des investissements signalent également quelques projets qui connaissent des difficultés ou retards comme celui de First Rest International (McDonald’s) ou deux autres initiés par Centrale laitière et Lesieur.

Focus
Fonds Hassan II : 471 MDH pour 11 projets
Le soutien de l’Etat aux investisseurs ne vient pas seulement par le canal du FPI (Fonds de promotion de l’investissement). Le Fonds Hassan II pour le développement économique et social intervient aussi directement sur des projets structurants. Le bilan arrêté à fin mars 2006 fait ressortir une liste 118 projets totalisant un investissement de 6,3 milliards de DH et plus de 33 000 emplois créés. Le textile accapare l’essentiel, avec des investissements à réaliser de 4 milliards de DH, soit 65% du total.

Ces investissements textiles concernent pour 75% les filières en amont. En deuxième position, arrive le secteur de la sous-traitance automobile, avec un investissement de 1,4 milliard DH (22% de l’investissement global), dont une plus grande part, 72%, dans les faisceaux de câbles. Il y a enfin la sous-traitance électronique et aéronautique avec respectivement 328 et 305 millions
de DH, soit 5% chacun.

L’engagement du Fonds Hassan II en faveur de ces projets s’élève à 471 MDH, soit 7,5% de l’investissement. Ce fonds a permis à aujourd’hui l’implantation de marques connues telles Volkswagen ou Valéo Tavex, pour ne citer que celles-là.