Sucreries : vers un monopole de Cosumar ?

Elle est en concurrence avec le français Téréos pour la reprise des quatre sucreries publiques.

La cession des quatre sucreries publiques (Suta, Sucrafor, Surac et Sunabel) est attendue pour les prochains jours. Le ministère des Finances, à  travers la Direction de la privatisation, est en train de négocier directement avec les sociétés Cosumar et Téréos (voir La Vie éco du 15 juillet) qui ont retiré le cahier des charges, suite au lancement d’un appel à  manifestation d’intérêt.

900 000 tonnes de sucre consommées par an
Pour le moment, rien n’a filtré sur la teneur de ces négociations. «La privatisation se fera dans le respect des intérêts de l’Etat, des salariés des 11 usines que comptent les quatre sucreries et des 90 000 agriculteurs concernés», assure-t-on, cependant, au ministère des Finances. Certains croient dur comme fer que c’est Cosumar, du groupe ONA, qui aurait raflé la mise, et la rumeur a d’ailleurs vite fait de se répandre parmi les travailleurs des quatre sucreries. «A l’instant o๠nous parlons [lundi 25 juillet, ndlr], rien n’a été décidé et les discussions continuent toujours», rectifie un responsable de la Direction de la privatisation.

Ce dernier précise que, de toute façon, il n’est pas dit que les quatre sociétés à  vendre reviendraient toutes au même repreneur. «Toutes les options sont ouvertes : on peut céder une partie à  l’un et une autre partie à  l’autre, comme il se pourrait qu’on les cède toutes à  un seul acheteur».

A la question de savoir si, en confiant les quatre entités à  un seul acquéreur, la Cosumar en l’occurrence, on ne créerait pas une situation de monopole, la réponse est oui. «On aurait en effet une situation de monopole, mais de fait et non pas de droit. Autrement dit, rien n’empêcherait, sur le plan juridique, un investisseur de construire une sucrerie s’il le souhaitait. Ce qui est quand même différent d’un monopole légal qui empêcherait toute concurrence de s’exercer», explique-t-on au ministre des Finances.

En tout cas, le marché marocain du sucre présente un intérêt évident puisqu’il enregistre une croissance annuelle moyenne de 2,4 %. La consommation per capita est de l’ordre de 32kg/an, contre 29 kg en Tunisie et en Egypte et 27 kg en Algérie.

Quelque 900 000 tonnes de sucre sont consommées annuellement, dont 400 000 tonnes sont importées. La consommation directe de sucre au Maroc représente 80 % du total, les 20 % restants étant utilisés comme matière première pour la fabrication de divers produits (pâtisserie, confiserie, chocolaterie, etc.)