Succès du micro-crédit logement : 3 000 prêts déjà  accordés

Les associations de micro-finance bénéficieront d’une aide du fonds de solidarité habitat.

Le micro-crédit logement, lancé en 2004, connaît déjà un gros succès, alors même qu’il est toujours en phase de test. Et pour cause, seules les associations disposant de ressources financières suffisantes, en particulier Al Amana, Zakoura et la Fondation de la Banque populaire pour le micro-crédit, ont osé s’y engager.
Zakoura a été , sur ce chapitre, très active en 2004 : 140 prêts d’aménagement à Casablanca, Benslimane et Marrakech, 97 prêts aux sinistrés du tremblement de terre d’Al Hoceima comme appoint aux aides étatiques, pour la reconstruction de leurs logements et, enfin, 30 prêts d’un montant variant entre 20 000 et 25 000 DH aux bénéficiaires du programme d’Attacharouk, pour les aider à acquérir leur appartement. En 2005, l’objectif de la fondation est de débloquer 5 000 micro-crédits logement dans l’ensemble des régions. Le nombre de dossiers devra atteindre 10 000 en 2006 et 15 000 en 2007.
De son côté, Al Amana a accordé 800 prêts logement en 2004, pendant la phase pilote qui a été limitée aux villes de Casablanca et de Fès. Les objectifs 2005 portent sur la distribution de 11 000 prêts.
La Fondation la Banque populaire pour le micro-crédit a, quant à elle, octroyé 2 000 prêts Isslah, qui concernent aussi bien l’aménagement que l’adduction en eau potable et électricité. Des produits spécifiques à la construction ou à l’acquisition sont en cours de montage.

Aucune garantie réelle n’est demandée
En dépit du succès prévisible de la formule, la phase de test s’est avérée nécessaire car les micro-crédits logement sont fondamentalement différents des prêts classiques. Ils visent l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires plutôt que les revenus de ces derniers. Ce sont des prêts individuels, accordés à une personne nominativement identifiée, contrairement à la majorité des autres prêts de la micro-finance qui sont des prêts solidaires faisant jouer une garantie mutuelle d’un groupe de personnes.
Toutefois, depuis quelques années déjà, les associations avaient commencé à accorder des prêts individuels, pour des montants atteignant 10 000 à 15 000 DH, à leurs clients les plus fidèles. Ainsi, à Al Amana, les structures qui avaient déjà été créées pour allouer les crédits individuels ont pris en charge le volet logement. En revanche, à Zakoura, les agents de crédit se chargent de tous les types de crédits ; l’accent est mis sur la proximité avec la clientèle.
De manière générale, le montant du crédit logement peut varier de 3 000 à 30 000 DH, un plafond fixé par les décrets d’application, alors que la loi prévoyait un montant maximum de 50 000 DH.
Ces prêts sont accordés sans aucune garantie réelle. Pour cette raison, les associations servent tout d’abord leur clientèle fidèle, qui a déjà démontré son sérieux dans le remboursement des échéances du micro-crédit classique. De plus, un suivi est engagé dès le déblocage dumontant du prêt.
Rappelons que le micro-crédit logement peut avoir plusieurs utilisations. Il sert à l’aménagement du logement déjà existant dont principalement l’ajout de toilettes, de douche, de cuisine ou d’une chambre. Il accompagne la construction d’un logement par étapes, à partir de l’achat du terrain et jusqu’à l’achèvement. Enfin, il soulage les bénéficiaires de programmes de logements sociaux, notamment pour ce qui est de l’avance.
Pour l’heure, l’intervention des associations est ciblée. Chez Zakoura, certains travaux comme la construction de dalles pour les surélévations sont bannis. «Nous avons besoin de conseils techniques pour nous engager dans de tels types de travaux», explique Leïla Akhmisse, directrice du développement de la fondation.
De plus, pour éviter la prolifération de l’habitat insalubre, les associations précitées refusent d’accorder des prêts destinés à des travaux dans les bidonvilles, dans l’habitat clandestin ou menaçant ruine.
Concernant les petites structures de micro-crédit, le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme est en train de confectionner un support financier à travers le FSH (Fonds de solidarité habitat) pour les encourager à participer à la lutte contre l’habitat insalubre. Il s’agit d’accorder des prêts remboursables à celles qui n’ont pas un accès facile au système bancaire. Dans le même sens, une réflexion est en cours au niveau de ce même ministère, avec la collaboration d’experts de la Banque mondiale pour mieux exploiter la connaissance du terrain des associations de micro-crédit. Elles pourraient servir de relais entre les populations défavorisées et les banques dans le cadre de la promotion du Fogarim (Fonds de garantie pour les revenus irréguliers et modestes) .

Ajout d’une chambre ou parachèvement d’un logement, tout ce qui a trait à l’immobilier peut être financé.