Stationnement : Casa Dév peine à exploiter les nouvelles zones à horodateurs

Cette progression est le résultat du programme d’élargissement de la zone de stationnement à horodateurs dans la ville. Dans certains quartiers, les gardiens refusent toujours de lâcher les zones qu’ils contrôlent.

Casa Développement monte en puissance. La société de développement local chargée de la gestion du stationnement dans la métropole a réalisé au titre de l’exercice 2016 un chiffre d’affaires de 15 MDH, contre 4 millions en 2015, soit une hausse de 275%. Cette forte progression est le résultat du programme d’élargissement de la zone de stationnement à horodateurs dans la ville. En moins de deux ans, la société a réussi à installer plus de 300 horodateurs dans une dizaine de grandes artères de la ville relevant de quatre arrondissements : Roches Noires, Maarif, Anfa et Hay Hassani. Toutefois, il est important de souligner que bien que le périmètre ait été élargi, le nombre de places qui sont effectivement exploitées ne dépasse pas 7 500. Même si la société est assistée par les autorités locales au moment des opérations de traçage du sol et de l’installation des horodateurs pour éviter les confrontations avec les gardiens de voitures des zones concernées, «le problème se pose lorsque nous voulons démarrer l’exploitation», explique Nabil Belabed, DG de la SDL. C’est le cas sur les boulevards Ghandi et Bir Anzarane. «La société n’arrive toujours pas à démarrer à cause des protestations des gardiens qui, il y a deux semaines, se sont couchés devant la commune de Maarif, enroulés dans des linceuls, pour revendiquer la suppression pure et simple de la décision du Conseil de la ville de concéder la zone à la SDL», regrette un élu.

La zone de Sidi Belyout sera récupérée à la fin du mois d’avril

Pour éviter les crispations, la société avait pourtant proposé l’intégration dans ses équipes de certains gardiens opérant dans les nouvelles zones à horodateurs. Cette solution est vaine, d’abord parce que les gardiens opérant réellement ne sont souvent pas ceux qui détiennent l’autorisation du Conseil de la ville. Ensuite, «ces personnes ont des habitudes de travail (horaires, comportement…) qui ne correspondent pas au système de Casa Dev, ce qui rend leur intégration très difficile. Par conséquent, ils jettent l’éponge au bout de quelques semaines», ajoute le DG.

Du coté du Conseil de la ville, l’un des vice-présidents assure que le problème sera bientôt résolu. «Nous sommes en train de chercher des solutions pour assurer l’intégration de ces gardiens dans d’autres activités», explique-t-il. En vérité, le Conseil de la ville n’a pas d’autre choix que de régler ce problème dans les plus brefs délais. Et pour cause, grâce à ce nouveau mode de gestion du stationnement, il a encaissé 2 MDH en 2016. Ce montant devrait être multiplié par 2,5 en 2017 car, à partir de la fin du mois d’avril, Casa Dev devrait récupérer la zone à horodateurs de Sidi Belyout gérée par la société espagnole Casa Parking dont le contrat de concession arrive à échéance le 25 avril. Mais aussi parce que la proportion du chiffre d’affaires de Casa Dev versée au Conseil de la ville augmentera à partir de cette année. Concrètement, la SDL versera cette année 13% des revenus des voiries et 25% des revenus des parkings à la ville contre respectivement 12% et 20% en 2016. Cette part devrait atteindre, selon le contrat liant les deux parties, 15% et 30% en 2018.