Standing des logements : une loi qui sera dure à  faire sortir

La grille de classification est prête mais le ministère de l’habitat ne sait toujours pas quelle forme juridique lui donner.
Les promoteurs redoutent une réglementation en l’absence de la normalisation des matériaux de construction et des procédés de construction.

Depuis quelques mois, bien des questions considérées jusque-là comme taboues sont débattues en public par les promoteurs immobiliers. Le secteur dispose depuis janvier d’un baromètre trimestriel confectionné par Bank Al Maghrib et la conservation foncière. Certains promoteurs, depuis quelques semaines, ont pris la bonne initiative d’afficher publiquement leurs prix, d’autres affichent également qu’ils ne pratiquent pas le noir…Ce sont des signes encourageants quant à la volonté des promoteurs immobiliers d’aller vers plus de transparence. Pourtant, il reste encore des questions sur lesquelles on sent encore de la frilosité. C’est le cas de la classification des standings que le ministère veut instaurer. Lancée en 2008 déjà, la question est toujours au point mort. Les professionnels souhaitant avoir de la visibilité sur le caractère réglementaire que prendra cette classification. Sera-t-elle obligatoire ou optionnelle ? Pour l’heure, aucun projet de loi ou de décret n’a été déposé auprès du Secrétariat général du gouvernement, mais «le dossier a bel et bien été transmis à la direction juridique du ministère de l’habitat et de l’urbanisme pour que cette direction élabore un cadre juridique propre aux critères de classification», confie une source au ministère de l’habitat et de l’urbanisme.
Pour l’instant, d’après les critères de classification établis par la direction de la promotion immobilière, le logement est classé en trois grandes familles : A, B et C. Le logement ordinaire ou logement de type C se caractérise notamment par la qualité basique des matériaux utilisés dans la construction et leurs équipements d’entrée de gamme. Le moyen standing ou le logement de type B se caractérise par le niveau moyen ou assez bon des matériaux utilisés dans la construction et des équipements, alors que le haut standing (type A) se reconnaît par une très bonne qualité des matériaux et des équipements haut de gamme.
Du côté de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), les professionnels ne sont pas foncièrement contre le principe de classer ni contre le caractère obligatoire mais ils estiment qu’il y a des préalables. «Pour catégoriser et classer selon des standings, il faudrait avoir en amont une classification des matériaux de construction selon des critères de qualité et des procédés de construction», soutient un membre de la fédération.