Spéculations autour de l’aéroport d’Anfa

Complexe touristique, logements sociaux, centre d’affaires… l’avenir du site attise les convoitises.
Aucune décision officielle n’a encore été prise
par la Wilaya.

L’annonce du transfert de l’aéroport d’Anfa à Benslimane et l’aménagement de la zone ont suscité un intérêt particulier dans les milieux d’affaires. Les spéculations vont bon train sur le sort de cette partie du Grand Casablanca qui s’étale sur 360 hectares, surtout que les terrains constructibles se font rares dans la métropole. Certains attribuent déjà à un groupe qatari la construction d’un grand complexe touristique avec hôtel, habitations, centre commercial, etc., pendant que d’autres imaginent des sites à usage de bureaux. Casablanca souffre dans ce domaine d’un déficit flagrant, selon le directeur général du CRI, Hamid Benlafdil, qui affirme ne pas pouvoir satisfaire les demandes en locaux qui émanent des investisseurs. Cela dit, les adeptes du logement social ne sont pas en reste et avance aussi leurs arguments..
Un tel engouement est compréhensible car cette zone est située au cœur de la métropole même si, aujourd’hui, on en est encore au stade de la réflexion. Tout se passe donc comme si, étant donné la position stratégique du site, les lobbies voulaient se positionner.

Un comité de pilotage est à pied d’œuvre pour faire démarrer le projet
Seule chose sûre pour le moment, les directives royales qui imposent le transfert de l’aéroport et la nécessité de confier le suivi à une entité indépendante à l’instar de ce qui a été fait pour le port de Tanger Med ou pour le site du Bou Regreg. Un comité de pilotage, présidé par la Wali du Grand Casablanca, regroupant les représentants de la ville, l’Agence urbaine, l’ONDA (Office national des aéroports) et tous les concernés est à pied d’œuvre pour faire démarrer le projet. Selon une source proche du dossier, tout le reste n’est que spéculation, car ce sont les études qui vont être lancées qui détermineront, une fois achevées, la physionomie à donner à cet espace. Ces études qui doivent prendre en compte un certain nombre de paramètres, économiques, sociaux et urbanistiques, détermineront la part à réserver aux différents types d’habitat, aux espaces verts, ou encore aux espaces de bureaux. Elles serviront aussi de base pour lancer les appels d’offres pour trouver l’aménageur ou les aménageurs de la zone. Car, il s’agira avant tout de créer un espace économiquement dynamique.
En attendant, il va falloir trouver une solution pour les sociétés privées basées sur le site et exerçant, pour certaines, une activité liée à l’aéroport depuis des décennies. Selon nos informations, l’ONDA, qui leur loue le terrain, leur a proposé de déménager à Benslimane quand le nouvel aéroport sera opérationnel. En attendant, elles sont priées de déménager à Tit Mellil ou à Nouacer.