Souss-Massa-Drà¢a : maraîchage, agrumes… et cactus

10,5 milliards de DH d’investissements prévus dont 50% iront au développement de la production végétale. 80 nouveaux projets attendus.
Plutôt que l’extension des superficies, c’est l’augmentation du rendement qui est recherchée : jusqu’à  87% pour l’olive.
En 2020, le mètre cube d’eau permettra de produire 26 DH de biens contre 15 actuellement.

Le diagnostic

Malgré le climat peu propice, le diagnostic dressé fait état de la prédominance de la culture de céréales qui accapare 52,2% de la superficie agricole utile (SAU) contribuant à hauteur de 42% dans le chiffre d’affaires du secteur et 37% de sa valeur ajoutée totale. En revanche, ce sont les cultures de maraîchage et d’agrumes en irrigué qui, bien que sur des superficie moins importantes (respectivement 4,7 et 6% de la SAU), dégagent les plus hautes valeurs ajoutées, respectivement 98 000 DH/ha et 32 000 DH/ha. D’autres cultures dégagent également des valeurs ajoutées plus importantes notamment les produits du terroir comme le cactus, le safran ou la rose à parfum. La région comprend également des étendues plus ou moins importantes d’oliviers (27 000 ha) et d’amandiers (36 600 ha) avec, toutefois, des productions faibles, respectivement 23 000 et 6 000 tonnes par an, du fait de l’aspect traditionnel des exploitations.
Pour ce qui est de la production animale, la région du Souss dispose d’un cheptel important de 2,22 millions de têtes dont 118 000 vaches laitières qui permettent de produire quelque 246 000 tonnes de lait par an représentant 84% du chiffre d’affaires de la filière. La région produit également 17 000 t de viandes rouges et 30 000 t de viandes blanches par an.
 
Ce que prévoit le plan régional

Le Plan vert régional pour le Souss- Massa-Drâa table sur un investissement global de 10,54 milliards de DH dont 50% environ seront alloués au développement de la production végétale et 10% à la production animale, alors que 40% de l’enveloppe iront aux projets transverses. L’Etat prendra en charge 35% des investissements alors que les producteurs agrégés et les agrégateurs supporteront les 65% restants. Au total, le plan régional a retenu 80 projets dont 24 dans la grande agriculture et 56 pour la petite exploitation.
Un investissement de 5,05 milliards de DH profitera à 48 projets de production végétale visant l’amélioration de la production de cultures maraîchères en plein champ et sous serres ainsi que l’extension et l’amélioration de la culture d’agrumes. Il est également prévu l’extension, l’intensification – et le cas échéant la valorisation – de la production d’olives, d’amandes, de dattes, de cactus, de safran, voire de pommes, de caroubes, d’argan et de rose à parfum.
Pour la production animale, le plan a prévu un investissement de 1,35 milliard de DH destiné à la réalisation de 32 projets en matière d’amélioration de la productivité des élevages laitiers, la construction d’un complexe laitier, la mise à niveau des coopératives laitières et la construction d’une unité de lait et fromage de chèvre. Concernant les viandes rouges, le plan prévoit la création de centres d’engraissement de bovins, ovins et caprins et des abattoirs spécialisés. Quant au viandes blanches, il est prévu l’élevage de poulets Beldi et la création d’abattoirs avicoles, de même un projet d’élevage de lapins sera renforcé et une unité d’abattage de lapins mise en place. Enfin, la filière apicole régionale sera modernisée et une unité de conditionnement et d’emballage du miel sera créée. Pour accompagner ce développement, le plan régional a retenu une enveloppe de 5,25 milliards DH au titre des projets transverses, notamment dans le domaine de la modernisation des systèmes d’irrigation existants, la construction d’une unité de dessalement d’eau de mer, ainsi que dans la formation de 480 ingénieurs et technicien en horticulture.

Les impacts attendus

Le Plan vert régional pour le Souss prévoit, pour 2020, une valeur ajoutée annuelle de 9,2 milliards de DH contre 5,3 milliards actuellement et des exportations de 1,27 milliard de DH contre 866 MDH. Sans programmer, comme pour les autres régions, de grandes extensions des superficies cultivées, le plan semble retenir surtout la piste de l’amélioration et l’intensification des rendements. Ainsi, pour pratiquement les mêmes superficies, les productions d’olives, de maraîchages et d’agrumes devraient augmenter, en 2020, de respectivement 87%, 47% et 37%.
Pour la production animale, le plan prévoit une production annuelle de 360 000 t de lait (+47%), 28 000 t de viandes rouges (+65%) et 40 000 t de viandes blanches (+33%).
L’amélioration des niveaux de productivité des cultures irriguées et la reconversion des systèmes d’irrigation actuels en irrigation localisée permettront une valorisation de l’eau d’irrigation de maraîchage de 26 DH/m3 en 2020 au lieu de 15 DH/m3 actuellement.
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 63 150 emplois stables en milieu rural, soit 58% de plus qu’actuellement. 30,8 millions de journées de travail supplémentaires seront générées par les activités de production végétale et 3,13 millions seront issues des activités de production animale.