Somaport atteint l’équilibre après un an d’exploitation

Le manutentionnaire, filiale de Comanav, a franchi la barre des 200 bateaux traités par jour.
Près de 1 000 personnes employées et un investissement de 900 MDH dans le matériel et l’aménagement des quais.

Un an après avoir opéré le déchargement d’un premier bateau sur un de ses quais, Somaport a bien réussi son pari de devenir un opérateur majeur du port de Casablanca. En effet, La Vie éco a appris que le manutentionnaire portuaire, filiale de Comanav, a dépassé le cap de 200 navires traités par jour en ce début d’été. Cette performance confirme un net redressement par rapport à un deuxième semestre 2009 marqué par une baisse du trafic maritime dans le sillage de la crise internationale.

L’actionnaire ultime, le groupe français CMA/CGM qui traverse depuis un an une forte tourmente financière due à une baisse drastique du chiffre d’affaires (chute vertigineuse du prix de fret maritime), peut donc se réjouir d’avoir hérité d’une telle activité en gestation lors de la privatisation de la Comanav dont il fut adjudicataire en 2007. Il faut dire qu’avec l’atteinte de l’équilibre assez rapide, qui devrait se concrétiser à la fin de ce premier semestre, et malgré les charges importantes de démarrage, la concession de 30 ans dont jouit Somaport promet une rentabilité confortable et pérenne.

Du côté des effectifs, Somaport frôle désormais la barre de 1 000 personnes (990 plus exactement) soit une centaine de plus qu’en juin 2009. Près de la moitié du staff a bénéficié d’une formation poussée dans les différents ports européens où CMA/CGM est présent dans la manutention. Le système d’information n’a pas été en reste, non plus, puisque Somaport a investi dans un ERP assez sophistiqué, et dématérialisé plusieurs processus métiers. En un an, un seul incident a été enregistré et a causé l’immobilisation d’un navire pendant plusieurs heures et la cause identifiée incombe non pas à un dysfonctionnement des applications ou de l’infrastructure informatique mais plutôt une indisponibilité de la ligne télécoms (casse-tête maroco-marocain pour les sociétés ayant des applications critiques accessibles par internet). Depuis, des solutions de contournement ont été mises en place pour parer à tout problème du genre.

Il est à rappeler que l’investissement global de Somaport atteint 900 MDH dont 500 MDH ont été financés par emprunt bancaire. L’essentiel de cette enveloppe a été alloué à l’aménagement sur plusieurs dizaines d’hectares des quais et terre-pleins sur les trois terminaux en concession (quai à conteneurs, quai à vrac et quai ro-ro), l’achat d’équipements, notamment deux portiques RTG (d’une capacité de 40 tonnes), et la formation de personnel.