Soldes d’hiver : les ventes devraient augmenter de 15 à  30% par rapport à  la normale

En l’absence d’une réglementation, des commerçants ont commencé à  réduire leurs prix depuis quelques semaines. La demande provient essentiellement des femmes et des jeunes. Habituellement, le panier moyen est compris entre 2 000 et 3 500 DH.

Les soldes démarrent dans une semaine. Les diverses enseignes d’habillement s’y préparent car c’est une période cruciale pour leur activité. En effet, un tour dans les boutiques du boulevard Massira El Khadra, du Morocco Mall et Anfa Place a permis de tâter le pouls des commerçants, qui espèrent tous réaliser de «bonnes affaires durant cette année où la demande s’est essoufflée peut-être en raison de la crise !». C’est pourquoi, soulignent-ils, «plusieurs enseignes ont réservé depuis des semaines des rayons de soldes où sont écoulés certains articles des collections récentes». Elles ont en quelque sorte anticipé. En ont-elles le droit ? «Oui», répond-on au ministère du commerce et de l’industrie. Car au Maroc, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, les périodes de soldes ne sont pas figées et les commerçants sont simplement tenus de respecter les règles fixées par les articles 53, 54 et 55 de la loi 31-08 relative à la protection du consommateur. Ils sont dans l’obligation d’afficher les prix après avoir barré les prix normaux, de préciser la date du début et de la fin des soldes et de vendre les articles à un prix inférieur à celui pratiqué un mois avant les soldes. Pour contrôler le respect de ces dispositions, le ministère du commerce et de l’industrie doit mettre en place des brigades d’enquêteurs conformément à ce qui est prévu par l’arrêté d’application de la loi 31-08 sur la protection du consommateur publié en 2013.

Les quatre à cinq premiers jours sont décisifs

En attendant, les soldes de l’hiver 2013 échapperont donc à la vigilance des inspecteurs du ministère du commerce et de l’industrie. «Ce n’est pas méchant car en général les commerces respectent la durée des soldes et affichent des prix inférieurs aux prix pratiqués en période normale», disent des gérants de boutiques. Mais ils n’hésitent pas à dénoncer «une pratique malhonnête de certaines enseignes qui profitent des soldes pour écouler uniquement les modèles qui ont le moins marché durant la saison!». Il est donc clair qu’une réglementation spécifique des soldes est nécessaire. Un projet de loi est dans les tiroirs du ministère depuis 2003.
Les enjeux sont énormes. En effet, les soldes permettent aux enseignes d’habillement d’augmenter leurs ventes de 15 à 20%. La hausse du chiffre d’affaires atteint parfois 30% dans les magasins de chaussures. La frénésie des clients s’explique, selon les commerçants, par le niveau des prix qui est réellement bas, sans oublier que les collections sont récentes. Reste que tout se joue dans les quatre ou cinq premiers jours, «ce qui est normal car les clients repèrent plusieurs jours à l’avance les articles désirés et viennent les acheter dès le début», racontent la gérante d’une enseigne étrangère de lingerie. En moyenne, les boutiques comptabilisent, durant cette période, près de 250 personnes par jour, dont 90% de femmes. Habituellement, le panier moyen est compris entre 2 000 et 3500 DH. Il était tombé entre 1500 et 2 000 DH l’an dernier.