Soldes d’hiver : 30% de ventes de plus qu’en janvier 2009, les commerçants se réjouissent

La demande porte davantage sur les vêtements. Les chaussures et la parfumerie n’ont pas enregistré de hausse
Les clients étrangers, spécialement d’Afrique subsaharienne, sont venus en force
Casablanca en train de se positionner comme une destination de soldes pour le continent.

Les enseignes marocaines et internationales de prêt-à-porter ont manifestement fait de bonnes affaires durant les soldes de janvier. La plupart des marques annoncent une hausse de leurs ventes variant entre 25 et 30% par rapport à la même période en 2009. «En plus des clients spécialistes des soldes, il y a eu ceux qui n’ont pas pu, pour des raisons financières, acheter auparavant et qui ont attendu les soldes», se réjouit le patron d’une grande enseigne nationale qui ne manque pas de souligner que l’impact de la crise n’a pas été ressenti sur la période des soldes. Et il n’est pas le seul à le penser. Les responsables d’un grand groupe marocain franchisé de plusieurs enseignes de mode annoncent également, sans toutefois avancer une estimation, «une nette augmentation des ventes dans les différents points de vente, surtout pendant la première démarque». Ils soulignent qu’en ce qui concerne leurs magasins, l’offre soldée n’était pas très importante car les collections changent fréquemment et se vendent bien en dehors des soldes.
Globalement, les responsables des diverses enseignes contactés par La Vie éco, remarquent que pendant les soldes la demande a plutôt porté sur les articles (jeans, chemises, tee shirts et vestes) des grandes marques dont les prix sont élevés en période normale et, depuis trois années, sur la lingerie dont les différents distributeurs déclarent «avoir fait de bonnes affaires durant le mois de janvier».
Les vêtements pour enfants ont également enregistré une forte demande pendant les soldes. Chez une enseigne française, les ventes ont augmenté de 20% par rapport aux soldes de janvier 2009. Toutefois, le gérant de la boutique souligne que c’est durant les soldes de juillet que les vêtements sont très demandés car les ménages se préparent à la rentrée scolaire. En revanche, pour les chaussures, la demande n’a pas été importante car le comportement des clients (surtout les femmes), selon les gérants de certains points de vente, est plus tributaire de la mise en vitrine de nouvelles collections que de prix revus.

Les enseignes locales s’alignent sur les pratiques européennes

La parfumerie est dans la même situation. Peu de magasins baissent les prix au moment des soldes car, explique la gérante d’une boutique, «les clientes sont beaucoup plus intéressées par les vêtements durant les soldes. En ce qui nous concerne, nous faisons des promotions à l’occasion d’événements spécifiques comme les fêtes de fin d’année, la Saint-Valentin ou encore la Fête des mères. Durant ces périodes, nous avons des offres spécifiques qui poussent nos ventes. On enregistre parfois 25 à 30% de hausse du chiffre d’affaires».
Par ailleurs, les soldes de cette année ont été caractérisées par un phénomène signalé par plusieurs commerçants : la clientèle en provenance des pays subsahariens est arrivée en force durant cette période. Chez un magasin de prêt-à-porter pour hommes, le gérant dit avoir reçu en moyenne 5 à 6 clients subsahariens par jour durant le mois de janvier. Leur dépense moyenne, poursuit cette même source, atteint les 10 000 DH. Et la demande porte essentiellement sur les costumes, les cravates et les chemises. «Ce phénomène se renforcera davantage car plusieurs clients africains se sont renseignés sur la date des prochaines soldes», affirme le vendeur d’un magasin au Maârif.
Les difficultés à obtenir un visa pour les pays européens ont sans doute poussé cette clientèle à se replier sur le Maroc et plus particulièrement Casablanca qui est en train de se positionner comme une destination de shopping pour le reste du continent.
Les prochaines soldes auront lieu en juillet comme chaque année. Les soldes n’étant pas encore réglementées (voir encadré), les enseignes nationales et internationales s’alignent sur la pratique européenne qui prévoit deux périodes de soldes durant les mois de janvier et juillet. Les ventes se font, même s’il n’y a pas de règles en la matière, selon deux ou trois démarques sur les articles qui se sont peu ou très mal vendus : la première est de 20% et la seconde de 50%. Certaines boutiques disposant d’un grand stock à écouler peuvent parfois même aller jusqu’à une réduction de 70%. D’autres organisent, pour écouler les fins de série, des braderies qui ne représentent en général que 1% de leurs ventes.