Snecma escompte ses premiers bénéfices cette année

Les charges de démarrage ont jusqu’ici lourdement pesé sur la profitabilité.

Cinq ans après sa création, Snecma Morocco Engine Services (SMES) s’attend enfin à réaliser le premier bénéfice de son histoire, au grand bonheur de ses fondateurs, Royal Air Maroc (RAM) et Snecma Services, filiale du groupe Snecma (un des premiers acteurs mondiaux de l’aéronautique et de l’industrie spatiale), qui en détiennent respectivement 49% et 51%. Rappelons que SMES s’est spécialisé dès sa création dans la réparation et la maintenance des moteurs d’avions CFM 56 et PW 2037, ainsi que des unités auxiliaires des Boeing 737 et 757 de la flotte de la RAM.
Malgré une montée en flèche du chiffre d’affaires (21 MDH en 2003, avec une progression de près de 50 % par rapport à 2002) et son érection en tant que centre de réparation aéronautique de référence en Afrique, la rentabilité n’a pas été au rendez-vous et l’année écoulée fut tout juste celle de l’équilibre (résultat net quasi nul). Aussi, les fonds propres de départ, totalisant près de 35 MDH, ont-ils été sérieusement entamés par les déficits cumulés.

40 MDH investis pour développer de nouvelles compétences
En dépit de deux recapitalisations à mi-parcours qui ont permis de porter le capital à 63,7 MDH, ces fonds propres ont fondu de près du quart pour se replier, à fin 2003, à 49,2 MDH. Les charges de démarrage ont donc apparemment plombé la capacité bénéficiaire de SMES qui emploie actuellement 110 techniciens et ingénieurs et qui a fortement investi dans la formation continue de son capital humain, principal actif dans un tel secteur.
Mais la société ne compte pas en rester là. C’est ainsi qu’en juin dernier, elle a procédé à un nouvel investissement de 40 MDH destiné à l’extension de ses installations industrielles sur un nouvel espace de 3 000 m2. Ce projet lui permettra de développer de nouvelles compétences et de conquérir d’autres marchés. Ce qui devrait se traduire aussi par une meilleure notoriété auprès de ses principaux clients, essentiellement africains. Une notoriété qui a failli être entachée cette année après le crash en Mer rouge, en mars dernier, de l’avion de la compagnie égyptienne Flash Airlines, dont un des moteurs avait été réparé, quelques mois auparavant, dans les ateliers de SMES, à l’aéroport Mohammed V. Ainsi, après être sorti blanchie grâce à des rapports d’expertise qui ont définitivement écarté sa responsabilité, la joint-venture se doit de réussir en 2004 le pari de la rentabilité et de hausser le retour sur investissement au niveau de sa réussite commerciale