Six petits ports de plaisance à  l’étude entre Tanger et Nador

L’Agence nationale des ports est en train de mener les études. Avec cinq sites identifiés, Nador et AlHoceima sont les principales provinces concernées en raison de leurs atouts balnéaires. L’aménagement des trois sites de Nador nécessiterait un budget de 870 MDH.

Le projet en est à ses balbutiements. L’Agence nationale des ports (ANP) vient de reprendre le flambeau de son ministère de tutelle pour mener les études nécessaires à la réalisation de six ports de plaisance dans la rive méditerranéenne. Les sites concernés, situés dans les provinces de Nador, Al Hoceima et Tanger, font partie d’une vingtaine de sites potentiels qu’avait définis préalablement le ministère de l’équipement et des transports sur les 3 500 km de côtes marocaines. «Les six sites objet de l’étude sont ceux qui avaient été définis comme prioritaires par le ministère», précise une source à l’ANP. Le travail consiste à évaluer l’attractivité des sites pour les investisseurs potentiels, et ce, en perspective du lancement par l’Agence des appels à manifestation d’intérêt (AMI) pour la concession de la réalisation, le financement et l’exploitation de ces projets. «L’objectif pour nous est d’approfondir les données dont nous disposons sur ces sites en vue de se prononcer sur les opportunités que pourraient offrir ces ports de plaisance pour les investisseurs potentiels», ajoute notre source.
En fait, de l’avis même du ministère de l’équipement, les activités de plaisance ne sont pas encore très développées au Maroc. Cependant, elles présentent un potentiel de croissance indéniable grâce notamment au développement des marinas prévues dans le cadre du Plan Azur. Pour profiter de ce potentiel, les autorités de tutelle envisagent d’impliquer fortement les partenaires privés, chacun dans son domaine de prédilection (investisseurs, exploitants…). Cela devrait donc commencer par les six sites prédéfinis pour abriter les ports de plaisance sur la côte méditerranéenne. Pour l’heure, aucune visibilité n’est donnée quant à la date de lancement des appels à manifestation d’intérêt permettant de sélectionner ces partenaires. Néanmoins, on sait d’ores et déjà que le développement de ces sites dépendra fortement des caractéristiques des régions où ils se trouvent et l’attrait qu’ils présenteront pour les investisseurs.

L’Oriental recèle un potentiel important dans le domaine du tourisme balnéaire

Le premier constat de taille est que la région de l’Oriental est bien servie. Cinq des six projets à l’étude sont situés dans les provinces de Nador et Al Hoceima. Le point commun entre ces deux régions est qu’elles présentent un potentiel important dans le domaine du tourisme balnéaire. Avec la présence de beaucoup de plages, souvent connues uniquement par les habitants locaux, Nador et Al Hoceima sont des zones de premier choix pour le développement du tourisme de plaisance. Le sixième site est situé dans la région de Tanger. Cette dernière, où est déjà programmée la construction du plus grand port de plaisance de la Méditerranée (à l’emplacement de l’ancien port de la ville) affiche actuellement un besoin moins important en infrastructures du genre. C’est la raison qui pourrait expliquer que l’intérêt se porte davantage sur l’Oriental. Il faut néanmoins reconnaître que les sites identifiés dans cette région présentent bien des atouts.

Cala Charranes, l’un des trois sites de la province de Nador, est situé dans l’extrême Est du pays. Ce site est marqué par la présence d’une très large plage bordée de falaises en érosion. Il est déjà connu pour son attractivité auprès des habitants locaux, avec notamment la présence de logements touristiques sur le domaine public maritime. Le développement en son sein d’un port de plaisance semble déjà être particulièrement intéressant, à condition de résoudre les problèmes de liaison avec le réseau routier. En effet, selon les premières données répertoriées, l’accès au site est particulièrement difficile même s’il n’est éloigné de la route provinciale que de 3 km. Cette difficulté résulte de l’obligation d’emprunter une piste accidentée pour accéder à la plage. L’étude que mène l’ANP devrait donc réserver un intérêt particulier à l’analyse de cette problématique. Quant à Sidi Lahcen, deuxième site de cette province, il tire son intérêt de la présence d’une large plage au pied de colline. Ce site est déjà considéré comme un lieu de vie puisqu’il abrite plusieurs habitations et un petit village de pêcheurs. L’accès s’y fait par une piste moins difficile que celle menant à Cala Charranes. Un problème cependant, il fait partie d’une forêt. Une donne qu’il faudra particulièrement analyser vu que le développement d’un port de plaisance dans n’importe quel site nécessite la disponibilité d’un foncier «aménageable». D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui poussent l’agence à consacrer, dans son étude, tout un volet à l’analyse des différents schémas directeurs et des documents d’aménagement des régions visées pour l’implantation des nouvelles infrastructures.

Les sites d’Al Hoceima sont faciles d’accès mais restent exposés à la houle

Le troisième site -appelé A7- identifié dans la province de Nador se situe à mi-chemin entre cette ville et Al Hoceima. A priori, il présente moins de soucis que les deux premiers, si ce n’est qu’il est situé sur une plage, là encore au pied d’une falaise en érosion. L’accès y est facile par route mais nécessite tout de même l’aménagement d’un accès spécifique pour descendre à la plage. S’il est retenu, le coût de l’investissement prévisionnel, 210 MDH, pourrait s’avérer moins lourd que pour les deux premiers sites de la province qui nécessiteraient près de 330 millions chacun. Soit un budget total de 870 MDH.
Pour les sites d’Al Hoceima, c’est surtout l’exposition à la houle qui devrait être contraignante. Les deux sites repérés, Issly et Tala Youssef, sont particulièrement exposés. Toutefois, les voies d’accès existent vu que les plages sont fréquentées par les estivants.