Six millions de personnes bénéficieront de l’assurance maladie du pauvre

Elle entre en vigueur en avril 2006

La consultation chez le privé possible dans certains cas.

Le Régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (Ramed) entrera en vigueur au deuxième trimestre 2006. Les six commissions techniques chargées d’affiner l’architecture du régime mettent les bouchées doubles pour être dans les délais. Les travaux en cours consistent à peaufiner les propositions faites sur la base des études globales portant sur les différents aspects, notamment la popula-tion concernée, l’identification et l’immatriculation des écono-miquement faibles, le coût des actes médicaux, l’évaluation du coût de la prise en charge et les modalités de fonctionnement. En mars 2006, tous les paramètres, selon l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), seront définitivement fixés.

Le régime bénéficiera à 6 millions de personnes et démarrera simultanément dans toutes les régions. Et pour pallier les défaillances des structures sanitaires, l’une des commissions planche sur un projet d’association avec le privé. Concrètement, et même si les prestations doivent être assurées, selon la loi régissant l’AMO, dans des structures publiques, il est envisagé la collaboration avec les médecins privés pour des spécialités ou des actes n’existant pas ou ne pouvant être effectués dans les hôpitaux publics. Ce parte-nariat se fera dans le cadre de convention liant ministère de la Santé et médecins privés.

Le dossier de prise en charge vendu à 2,50 DH
Les critères d’identification ne sont pas tous affinés mais on retiendra que la prise en charge se fera sur la base d’un document rempli par le chef de foyer et comportant les renseignements précis (reve-nus, situation familiale, biens détenus, nombre d’enfants, etc.) devant déterminer le niveau de pauvreté. Ce dossier, commercialisé dans les commerces et bureaux de tabac au prix de 2,50 DH, une fois constitué sera soumis à l’autorité locale (caïdat ou arrondissement) où une commission spécialisée procé-dera à une vérification des données. Cette commission est composée de représentants des ministères de la Santé, de l’Intérieur, des Finances et de l’ANAM. L’identification se fera sur la base du seuil de pauvreté mondial à savoir 1 dollar par habitant et par jour. Une distinction sera faite entre les pauvres absolus, qui bénéficieront d’une prise en charge totale, et les pauvres relatifs qui n’auront qu’une prise en charge partielle et supporteront une partie des frais engagés. Seront couverts les descendants et ascendants s’ils vivent sous le même toit, pour un large panier de soins conformément à l’article 121 de la loi sur l’Assurance maladie obligatoire.