Sites internet des ministères : encore des chiffres dépassés et des mises à  jour irrégulières

Certains sites affichent encore des statistiques et des données datant de plusieurs années.
D’autres, en revanche, sont gérés de manière très professionnelles et présentent des contenus actualisés et riches.

Contrairement aux idées reçues, de gros efforts sont en train d’être effectués dans la mise en œuvre de la stratégie e-gov. Parmi les illustrations, la plupart des sites internet des ministères et autres instances gouvernementales actualisent régulièrement leurs données. La rubrique couramment intitulée «chiffres clés» est, à ce titre, représentative de la politique menée par le ministère concerné en matière de communication via les nouvelles technologies. L’Emploi et la Formation professionnelle, le Tourisme, l’Artisanat et l’Economie sociale, l’Habitat, le Commerce extérieur, la Santé, ainsi que l’Energie, les Mines et l’Environnement sont parmi les ministères les plus réactifs sur leur portail internet. Pour ces départements, l’ensemble des données date de 2009, voire de 2010 pour certains indicateurs disponibles en version mensuelle. La palme de la mise à jour revient certainement au ministère de l’économie et des finances. Ce dernier publie non seulement les données le concernant de façon régulière mais également la plupart des indicateurs relatifs à d’autres départements. Ainsi peut-on y trouver facilement les indicateurs liés à la Santé, à l’Education, à l’Emploi rassemblés de façon pratique sur le portail du ministère de l’économie. Des structures dépendant dudit ministère, comme l’Office des changes ou la Trésorerie générale du Royaume, respectent aussi rigoureusement leur calendrier de publication.

Les mises à jour ne sont pas toujours effectuées

L’accès à l’information est de plus en plus facilité. Cependant, il arrive encore de trouver sur certains sites  du contenu pas très actualisé. Entre autres exemples, celui du département de la pêche qui continue d’afficher encore des chiffres concernant l’évolution de la production nationale datant de 1993-2004. Et les informations dépassées s’accumulent : les chiffres de la consommation de poissons par les Marocains remontent  à 1999. Or, nul doute qu’en presque 10 ans, de telles informations ont évolué. Auprès de ce département, on indique qu’un nouveau site est en cours de conception. Le ministère des transports et de l’équipement n’est guère mieux loti. La plupart des chiffres communiqués sur le site internet, tels l’état du réseau routier, des autoroutes, des ports, et du ferroviaire, remonte à 2005, exception faite de la catégorie «équipements publics», dont la mise à jour remonte au 2 juin dernier, et la situation du parc automobile, dont les chiffres publiés concernent l’année 2009. Les différents responsables des sites non actualisés que nous avons pu contacter font savoir que les statistiques sont régulièrement tenues en interne mais pas toujours mises en ligne.
Autre point : l’esthétique des sites internet est indispensable pour permettre une navigation aisée et agréable. Or, dans bien des cas, on se perd dans le fouillis d’informations publiées. Reste donc à faire appel à des webmasters compétents et entièrement dédiés à la tâche. Classé 126e dans le classement e-gouvernement des Nations Unies, le Maroc a gagné 14 places par rapport à son classement de 2008. Il est pourtant placé loin derrière la Tunisie (66e), l’Egypte (86e) et la Libye (114e).
Or l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de permettre l’accès à tout citoyen aux données courantes et de première main relatives au fonctionnement du pays. Et ne pas oublier de revoir les adresses des portails : difficile de retenir que le ministère de l’équipement se trouve au www.mtpnet.gov.ma.