Seuls 26% utilisent leurs cartes bancaires pour le paiement

Pour 74% des 1 000 personnes interrogées, la carte ne sert qu’à  retirer de l’argent aux guichets. Beaucoup pensent que les commerçants refusent les cartes.

Commandée par la filiale marocaine de la société de technologie de paiement Visa, une enquête permettant de mieux cerner le comportement des Marocains vis-à-vis de leur carte bancaire a été réalisée par Synovate North Africa. Au total, 1 000 détenteurs de cartes âgés entre 25 et 45 ans (hommes et femmes étant également représentés) ont été choisis par hasard dans la rue et interrogés. Après analyse des réponses des sondés, il résulte de cette étude que 89% des personnes sondées déclarent utiliser 4 à 6 fois par semaine leur carte bancaire. Toutefois, pour 74% des sondés, la carte bancaire est utilisée pour le retrait d’espèces aux distributeurs automatiques de billets (DAB) et seulement 26% pour régler leurs achats directs. «Pour nous, le développement de la carte bancaire en tant que moyen de paiement ne se résume pas au seul nombre de cartes bancaires en circulation. Le développement de la carte bancaire s’effectue plutôt par son utilisation. Aujourd’hui, le ratio total des paiements directs sur les retraits de liquide est très faible : 6 paiements directs pour 100 retraits d’espèces», précise Mohamed Touhami El Ouazzani, patron de Visa au Maroc. Il faut rappeler que 6,7 millions de cartes permettant paiement et retrait à la fois circulaient au Maroc à fin juin 2011.

Les utilisateurs peu renseignés sur le réseau de terminaux

La principale raison invoquée par les sondés pour expliquer ce ratio est en effet le faible accès aux paiements directs. En bref, pour 79% des Marocains interrogés trop peu de commerçants disposent de terminaux pour cartes de paiement (TPE). Ils seraient 20 000 à en être équipés aujourd’hui.
Il ressort également de cette enquête un manque de confiance du consommateur envers les commerçants : 55% des sondés pensent d’office que de nombreux commerçants n’acceptent pas les cartes de paiement et 38% des personnes interrogées estiment qu’ils disposent de machines qui ne fonctionneraient par correctement.
Pour autant, le consommateur marocain qui a sauté le pas semble avoir accepté la carte bancaire comme moyen de paiement. En effet, 68% des sondés citent comme avantage la commodité d’utilisation par rapport aux espèces. Ils considèrent également qu’elle pouvait être très utile dans certains cas, comme les situations d’urgence en général (81%) et les urgences pendant les voyages (13%). Pour M. El Ouazzani, «de nombreux efforts restent à faire pour éduquer le consommateur et le rassurer quant à la sécurisation des transactions».