Seulement 4 entreprises ont pour l’instant bénéficié de Renovotel 3

306,2 MDH ont été débloqués sur 1,2 milliard mis sur la table pour les trois éditions. Les hôteliers remettent en cause les conditions d’éligibilité et fustigent les banques. Aucun impayé pour le moment.

Lancé en 2003 avec une première enveloppe de 200 MDH, puis réédité en 2010 avec 500 MDH, Renovotel, fonds de mise à niveau des établissements hôteliers géré par la Caisse centrale de garantie (CCG), a du mal à séduire les opérateurs. Depuis son lancement, seulement 50 entreprises se sont appuyées sur cet outil. Le montant global des investissements, 1,04 milliard de DH, a permis de rénover plus de 16 000 lits. La contribution moyenne du fonds au financement de ces projets est de 6,12 MDH. Renovotel 3, opérationnel depuis juillet 2012, a pour l’instant profité à 4 entreprises à hauteur de 11,4 MDH sur un investissement total de 26,9 MDH. Pour les 3 éditions, 306,2 MDH ont été débloqués par le fonds, dont les prêts sont plafonnés à 20 MDH par établissement. Or, depuis que le mécanisme est disponible, c’est 1,2 milliard de DH qui a été dégagé par l’Etat, avec une contribution importante du Fonds Hassan II.

Moussanada Siyaha ne séduit pas non plus

Rappelons que le taux d’intérêt appliqué sur la part de Renovotel est de 2% hors TVA. Cette part est plafonnée à 35% du montant total de l’investissement pour les établissements de 4 et 5*, et 45% pour les autres catégories. Le ministère précise qu’«aucune sinistralité n’a été constatée dans le remboursement des crédits Renovotel dans ses trois versions». Si les hôteliers marocains n’ont pas sollicité le fonds, c’est que le crédit bancaire, qui représente entre 50 et 45% du montant de l’investissement selon la catégorie de l’établissement, est trop contraignant. Pour être éligible, l’établissement doit, entre autres, être à jour de ses cotisations à la CNSS et de ses échéances. «Le secteur est passé par des années difficiles entre 2008 et début 2013. Malgré la garantie de la CCG et les efforts du ministère et des hôteliers, beaucoup d’établissements étaient jugés non éligibles», explique-t-on du côté de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH). Pour cette dernière, Renovotel serait plus séduisant si les critères d’éligibilité étaient plus souples. «Il serait utile de sensibiliser les banques et d’exiger de leur part un quota de financement dans le cadre de Renovotel. Avec le futur système de classement, les hôteliers vont devoir se mettre à niveau. Ils auront besoin d’un accompagnement pour suivre», poursuit notre source. «Nous prévoyons une forte demande de la part des établissements d’hébérgement touristique dans les trois années à venir» affirme le ministère.

Mise en place fin 2013 en partenariat avec l’ANPME, Moussanada Siyaha n’a pas non plus rencontré un franc succès. Le programme, qui prévoit d’accompagner 621 PME touristiques d’ici 2020 avec un budget de 420 MDH, n’a pour l’instant profité qu’à 16 entreprises. Le montant des subventions accordées s’élève à 2,3 MDH. 26 autres entreprises ont reçu la confirmation de leur éligibilité. Au total, 46 entreprises ont déposé une demande de subvention. Imtiaz Siyaha a été mis, quant à lui, en veille pour laisser le temps à Moussanada Siyaha de monter en régime.