Seulement 122 000 ha de céréales couverts par l’assurance sécheresse

Les ambiguïtés sur la déclaration de sinistre et le coût
ont détourné les agriculteurs du produit.

Au moment où la sécheresse se fait évidente pour l’année 2005, de nombreuses questions se posent concernant la couverture des exploitations par une assurance. Ce produit a été institué en 1994, avec pour objectif le développement d’une culture de l’assurance, auprès des agriculteurs notamment.
La procédure prévoit 3 niveaux de garantie : 1000, 2000 et 3000 DH/ha, avec des cotisations correspondant à chacun d’eux, de 60 à 360 DH/ha selon les années. A signaler que la cotisation a doublé en 5 ans en raison de la diminution de la subvention de l’Etat, qui est passée de 50% en 1999-2000 à 10% en 2003-2004. Exceptionnellement, pour 2004-05, une baisse de 50 % du montant à payer par les producteurs a été décidée, ramenant le taux au niveau de 1999-2000.

Aucun recours pour les sinistrés non remboursés
L’indemnisation est conditionnée par la déclaration officielle de sécheresse par commune et province (rendement observé de la commune inférieur à 60 % du rendement moyen de ladite commune fixé par les services du ministère), suite au rapport d’une commission technique regroupant les représentants des services provinciaux du ministère de l’Agriculture qui est l’initiateur du produit, la MAMDA ne faisant que gérer le budget qu’il lui a confié.
Les objectifs de développement de l’assurance ne sont pas atteints malgré quelques améliorations. En cinq ans, la superficie assurée a même baissé de moitié, passant de 244 000 ha en 2000-2001 à 120 000 ha pour la campagne en cours, alors que le programme prévoit 300 000 ha par an. De fait, le nombre de petits et moyens souscripteurs est faible. Seuls les clients du Crédit agricole y participent car c’est une condition sine qua non pour l’obtention de financement. Autre problème: la déclaration du sinistre ne repose pas sur des critères rigoureux, déplore-t-on. L’évaluation est sélective, manque de clarté et ne prend pas en compte les diversités à l’intérieur d’une même commune. Plus difficile à comprendre, il n’y a pratiquement pas de recours pour les agriculteurs non indemnisés. Beaucoup aimeraient l’individualisation de l’assurance ou une autre formule répondant mieux à la réalité du terrain, comme l’indexation sur la pluviométrie locale. En attendant, les agriculteurs sont dans l’expectative, sans se faire trop d’illusions quant à leur avenir .