Services par SMS : un CA de 200 MDH

Un SMS surfacturé coûte entre 6 et 8 DH lorsque son prix d’achat est de 80 centimes.
Une vingtaine d’opérateurs aujourd’hui contre quatre il y a deux ans.

Le temps où le téléphone portable ne servait qu’à échanger verbalement est depuis longtemps révolu. Et en matière d’avance technologique, le Maroc n’a rien à envier aux pays européens. Ainsi, par exemple, la TV sur téléphone mobile et la 3G+ ont fait leur entrée dans le Royaume avant même l’Espagne.

«Les usages du téléphone sont révélateurs du niveau de pénétration de la technologie dans une société», explique Abdelkhalek Zyne, directeur multimédia chez Wana. Selon lui, la tendance du moment serait l’accroissement du transport de données, qui reste encore marginal au Maroc. L’exemple du Japon est révélateur de l’avenir, puisque l’on sait qu’au pays du Soleil levant le transport de données représente 80% des flux de télécommunications.

Cependant, les services à valeur ajoutée, selon les études de l’ANRT, sont également révélateurs. On ne dénombre plus les services qu’on obtient par SMS. Horaires de prière ou de train, adresses de pharmacies de gardes, météo, programmes de cinéma, bonnes adresses… Aujourd’hui la palette des informations qu’on est en mesure de recevoir par SMS est très large. D’ailleurs, les candidats au Bac ont pu recevoir leurs résultats d’examen par SMS, service facturé 6 DH alors que le SMS ne coûte que 0,80 DH à l’opérateur.

Le divertissement représente 60% des revenus des entreprises de SMS
Les experts du secteur estiment que le marché des données se monte à 200 voire 300 MDH par an. Et encore, ce chiffre d’affaires ne tient pas compte des 4 millions de SMS échangés annuellement entre particuliers.

On recense deux ensembles d’activités pour les entreprises qui proposent ces services : le marketing direct, qui consiste à envoyer des messages pour le compte d’un client à une population prédéterminée (âge, milieu de résidence…) et celui des données. Ce dernier axé sur la fourniture de contenu à la demande offre des informations (bancaires, boursières), du divertissement (horoscopes, jeux,sonneries) et des transactions (comme la collecte de dons ). Il faut dire que c’est là la réelle source de revenus des SMS.

Ces échanges de données représentent en moyenne 60% des revenus d’une entreprise de SMS. «Le divertissement est plus lourd en matière de travail, de traitement de l’information. Cependant, c’est une manne financière plus importante pour les entreprises», explique Zoheir Lakhdissi, DG de l’entreprise Dialy.

Le reste étant engrangé par des opérations de marketing direct par SMS.
Juteux, le marché des services SMS a attiré nombre d’entrepreneurs. Alors que les prestataires d’informations par SMS se limitaient à quatre entreprises il y a à peine deux ans, aujourd’hui le secteur en compte une vingtaine. Les professionnels s’accordent à dire que le marché sera appelé à croître. Déjà les services à valeur ajoutée représentent 10% du chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunication, soit 3,5 milliards de DH. Cela étant, les professionnels déplorent des pratiques de harcèlement par SMS. «Il arrive que des particuliers soient harcelés, réveillés en pleine nuit alors qu’ils n’ont jamais demandé quoi que ce soit», se plaignent les clients.