Sécurité des chantiers : sur 5 300 normes, 85 seulement sont obligatoires

Les comités techniques du ministère de l’habitat produisent en moyenne 750 normes par an.
Elles concernent la plomberie, la boiserie, les procédés et matériaux de constructionÂ…

L’effondrement d’un immeuble en construction à  Kénitra, qui a fait 18 morts et une vingtaine de blessés, a mis à  nu la fragilité d’un secteur en pleine croissance. Au Maroc, on construit à  tout bout de champ, faisant fi de la sécurité. Aucune loi n’impose de mesures de précaution draconienne. Encore plus grave, un flou entoure les procédures de contrôle des chantiers. Sur le terrain de la normalisation, les efforts qui ont été fournis depuis le début des années 2 000 ont abouti seulement à  l’inscription de 5 300 normes homologuées par des comités techniques institués auprès des départements ministériels concernés (habitat, industrie, équipement…), contre 300 000 en France, par exemple.
Au nombre de dix pour le seul ministère de l’habitat, de l’urbanisme et du développement territorial, ces comités techniques qui travaillent chacun dans un domaine particulier (plomberie, robinetterie et sanitaire, menuiserie des portes et des fenêtres, carreaux de revêtement, construction immobilière, vitrages et miroiterie, produits en terre cuite, quincaillerie, isolation thermique, isolation acoustique) définissent, en moyenne, près de 750 normes par an.

Une charte de la normalisation a été signée en 2006
Pour chaque produit ou procédé de construction, ils élaborent des documents normatifs qui constituent une référence technique portant sur la conception, la mise en Å“uvre, la sécurité et la qualité de ces produits ou de ces procédés. Ils fixent des niveaux de performance et de conformité aux exigences du marché et de la sécurité en la matière. Ce processus de normalisation permet de fixer et de vérifier les caractéristiques et les spécifications des produits fabriqués industriellement, sans omettre les modalités de leur emploi et les méthodes d’essais pour s’assurer que ces spécifications sont bien respectées.
La portée de leur travail est cependant limitée. Preuve en est, à  ce jour, seulement 85 normes ont un caractère obligatoire. En s’appuyant sur la Charte de la normalisation, signée en 2006 par les professionnels pour accompagner le développement du secteur dans le cadre d’une stratégie 2006-2010, on peut certainement aller encore plus loin. Pour cela, il faut que tous les acteurs s’accordent sur la nécessité de concevoir un dispositif strict pour que le drame de Kénitra ne se reproduise plus.