Sécurité alimentaire : le Maroc est bien préparé pour gérer la pandémie du Covid-19 et le pic du mois de Ramadan

Les stocks ainsi que les prévisions de production des principaux produits agricoles et de pêche sont largement satisfaisants. Plusieurs mesures ont été prises pour assurer un approvisionnement régulier du marché marocain, malgré la crise du Covid-19 et l’arrivée du mois de Ramadan.

La pandémie mondiale du Covid-19 éveille l’instinct de survie de Monsieur tout le monde. Bien que le Maroc soit parmi les pays les moins touchés au niveau régional et international, les fake news qui pullulent ces derniers temps ont poussé quelques ménages à prendre d’assaut les grandes surfaces avec la mauvaise idée de constituer de grands stocks durant le week-end dernier. Résultat des courses: des ruptures minimes de stocks.

Pas de raison pour paniquer

Face à cette situation, les enseignes d’hypermarchés et de distribution moderne de proximité ont pour la plupart communiqué pour rassurer leurs clients. Etant responsable de la sécurité alimentaire au pays, le département de l’agriculture a lui aussi multiplié les sorties pour rassurer les citoyens quant à la capacité du Royaume à assurer un approvisionnement normal et régulier du marché marocain. Dès le samedi 14 mars, le ministère de l’agriculture a communiqué les détails des stocks des principales denrées alimentaires. En effet, le stock de blé destiné à la minoterie industrielle détenu par les organismes stockeurs couvre 3 mois d’utilisation, une couverture qui atteindra plus de 4 mois vers la fin du mois d’avril, précise le ministère dans un communiqué, notant que le niveau actuel des stocks disponibles permettra de couvrir les besoins nationaux grâce aux stocks issus de la production nationale 2018/19 et aux importations réalisées ou qui vont l’être au cours des trois prochains mois. Pour ce qui est des légumes, la production des tomates primeurs couvrira les besoins du marché jusqu’au mois de mai, étant donné le bon déroulement de la campagne primeurs, relève la même source, faisant savoir que la production prévisionnelle de la tomate de saison est aussi suffisante pour couvrir les besoins de consommation nationale et qu’il s’agit du même constat pour la pomme de terre et pour l’oignon. Le ministère a aussi indiqué que les fruits affichent également un niveau de disponibilité très satisfaisant, notant qu’en plus des disponibilités, la production se poursuit de manière normale, permettant sur un plus long terme un approvisionnement régulier du marché. En somme, la production des légumes et fruits va couvrir les besoins du marché national même pendant le mois de Ramadan qui connaît une forte consommation des denrées alimentaires, assure la même source, faisant en outre savoir que les dattes, autre aliment à forte consommation notamment pendant le mois de Ramadan, affichent une bonne disponibilité sur le marché grâce à la production nationale et à l’import.

La production laitière, actuellement en saison de haute lactation, offre un volume pour usinage de près de 165 millions de litres contre un besoin moyen mensuel de 125 millions de litres et atteint 135 millions de litres au mois de Ramadan, poursuit le ministère, assurant qu’aucune variation des prix n’est prévue. Les produits laitiers dérivés, notamment le beurre, sont disponibles sur le marché grâce à la production laitière nationale et aux importations entamées depuis le début de l’année. Concernant les viandes, la quantité de viandes rouges (bovines, ovines et caprines) disponible est suffisante pour couvrir les besoins de consommation nationale, souligne le communiqué, précisant que l’offre de viande blanche et œufs, elle, est supérieure aux niveaux de consommation. En ce qui concerne l’approvisionnement en produits de la pêche, aucun impact ou pénurie n’est à redouter, souligne le ministère, expliquant que le secteur entre dans une période de grande production. Le même département souligne par ailleurs que l’ensemble des services de traitement et de distribution de produits agricoles tels que les marchés de gros de fruits et légumes et de poisson et les abattoirs ainsi que leurs circuits de distribution maintiendront leur activité et ne seront pas concernés par d’éventuelles mesures prises par le Maroc dans le cadre de la lutte contre le Covid 19. Afin d’assurer la continuité du fonctionnement de ces services nécessaires à la garantie de l’approvisionnement en denrées alimentaires du marché marocain, les acteurs concernés mettront en place les conditions sanitaires et d’hygiène les plus strictes, conclut le communiqué. Deux jours après, le département de l’agriculture a réagi à la fièvre acheteuse qui s’est emparée de certains ménages, surtout après l’annonce de la fermeture des frontières. «Après le mouvement inhabituel d’écoulement qu’ont subi certains produits alimentaires agricoles ces derniers jours, le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts tient à assurer que les marchés connaissent et connaîtront un ravitaillement régulier et que le réapprovisionnement sera assuré», lit-on dans le communiqué. Le marché marocain ne souffrira d’aucune discontinuité dans son approvisionnement en produits agricoles et de la pêche, souligne un communiqué du ministère, notant que malgré la grande demande ayant conduit à un écoulement rapide de certaines denrées alimentaires agricoles et de la pêche au niveau de quelques marchés et points de vente, le ravitaillement des marchés sera assuré de manière régulière. Le réapprovisionnement sera garanti grâce aux disponibilités suffisantes dont bénéficie le Maroc, ainsi qu’à la continuité de la production agricole et de la pêche qui ne subira aucune rupture, ajoute le communiqué. Il est également à signaler que l’approvisionnement en produits importés ne connaît aucune perturbation, étant donné que les flux de marchandises se poursuivent normalement à l’import comme à l’export. Dernière mesure annoncée le mardi 17 mars pour améliorer l’approvisionnement du marché : le feu vert accordé aux grandes et moyennes surfaces pour s’approvisionner sans passer par les marchés de gros. Un raccourcissement du circuit de production qui a pour objectif de fluidifier la chaîne logistique et parer aux éventuelles demandes, parfois exagérées dans de pareils circonstances.