Seconde licence du fixe : changement de cap

L’appel d’offres n’est pas attendu avant le second trimestre 2004 n L’étude Mc Kinsey a été rafraîchie.

Décidément, la libéralisation du fixe, dernier bastion du monopole de l’Etat sur les télécoms, joue l’arlésienne. L’ouverture du marché est certes un choix irrévocable, mais la question aujourd’hui est de savoir quand et à quelles conditions. On se rappelle que l’appel d’offres du 5 novembre 2002, relatif à la seconde licence du fixe, s’était révélé infructueux. Et pour cause : la morosité du marché international couplée à un cahier des charges trop contraignant rendait difficile un retour sur investissement dans un délai raisonnable. C’est pourquoi, tout au long des dix premiers mois de l’année en cours, divers scénarios, dont celui du fractionnement de la licence globale en mini-licences, ont été élaborés. Aujourd’hui l’approche change.

Davantage de concertation avec les investisseurs
Dans un premier temps, l’étude faite par le cabinet Mc Kinsey en 2001 (en prévision d’une libéralisation qui devait théoriquement intervenir en janvier 2002), base des scénarios, a été actualisée. Si auprès de l’Anrt on se contente d’un laconique «l’affaire suit son cours», des sources ministérielles révèlent qu’il serait question de rafraîchir les conclusions du rapport afin de mieux cerner l’offre et la demande mondiale.
Dans un second temps, il s’agira de contacter les investisseurs potentiels. Cette fois-ci le but sera non seulement de sonder leurs intentions mais également de se concerter avec eux afin de trouver le meilleur rapport entre les besoins du pays et les possibilités des acquéreurs. Une démarche qui n’avait été que tardivement appliquée lors du premier appel d’offres.
Enfin, une fois le cadre déterminé et le marché taillé en conséquence, le régulateur pourra lancer le ou les appels d’offres. De source ministérielle, on indique que dans le meilleur des cas, cela ne pourra être fait que vers le second trimestre 2004, ce qui équivaudrait à libéraliser réellement le marché dans un an.
Reste à savoir quelles options seront choisies ? Restera-t-on dans l’optique d’une licence globale ? Trop lourd pour les investisseurs. Au bas mot, le retour sur investissement serait de 15 ans et l’effort financier à consentir colossal. Il est plus vraisemblable que l’on s’achemine vers des solutions permettant aux opérateurs entrants de greffer leur infrastructure sur le réseau de l’opérateur historique et d’exploiter des niches ou segments de marché. A l’image d’un opérateur exploitant un mini-réseau pour irriguer un quartier ou une ville, ou d’un autre proposant aux entreprises des prestations clés en main de transport de données sur son backbone (boucle périphérique interurbaine). En un mot le fractionnement serait de mise.
Le prochain conseil de l’Anrt, qui devrait se tenir à fin novembre, permettra de valider les pistes proposées par le régulateur. Une chose est sûre : cette fois-ci le coût de vente de la (ou des) licence(s) est relégué au second plan. En Europe, ces licences sont aujourd’hui gratuites. Pourvu que l’on trouve des investisseurs…