Schneider Electric met le paquet sur l’innovation pour plus d’efficience

Dans le résidentiel, le potentiel d’efficience énergétique non exploité se monte à 82% contre 79% dans les infrastructures et 58% dans l’industrie. Schneider Electric a multiplié par trois son budget recherche et développement en 15 ans pour le porter à 5% du chiffre d’affaires.

De quoi sera fait l’avenir de la gestion d’énergie et de l’automatisation ? C’est autour de cette question que Schneider Electric a tenu son sommet mondial de l’innovation à Paris. Experts métiers, clients, industriels, responsables stratégiques et médias ont passé en revue les grandes tendances du secteur et la manière dont l’innovation est en marche pour remodeler définitivement l’industrie.

Jean-Pascal Tricoire, CEO de l’opérateur français, a commencé par planter le décor dans son allocution d’ouverture. Pour lui, les tendances lourdes qui vont accompagner les prochaines années sont provocantes : l’urbanisation va s’intensifier avec 2,5 milliards de personnes qui vivront dans les villes en 2050, la digitalisation sera irréversible avec à la clé plus de 50 milliards d’objets connectés d’ici 2020 et la consommation de l’électricité croîtra de 80% à l’horizon 2040. Rien  que pour l’industrie, les besoins en énergie augmenteront de 50%. «Le futur sera inévitablement plus électrique, plus numérique, plus décarbonisé et plus décentralisé» affirme M. Tricoire. Pour le secteur, toutes ces tendances dénotent de la prospérité du business à moyen et long terme, mais, en face, font peser de nouvelles contraintes sur les opérateurs. En effet, si la consommation de l’énergie sera multipliée par 1,5 d’ici 2050, les émissions de CO2 devront, elles, être divisées par deux. Ce qui implique pour les opérateurs de la gestion d’énergie et de l’automatisation d’être trois fois plus efficients. C’est le challenge sur les 40 prochaines années, selon le PDG de Schneider Electric. D’autres experts mettent en exergue un constat très interpellant encore : au moment où 2,3 milliards de personnes ont du mal à accéder à l’électricité, le potentiel d’efficience énergétique non encore exploité est énorme. Dans le résidentiel, il se monte à 82%, dans les infrastructures à 79% alors que l’industrie pourra économiser 58% de sa consommation grâce à plus d’efficience. Une seule voie s’offre alors aux opérateurs du marché, celle de développer de nouvelles solutions efficientes, et d’ouvrir grand la porte à l’innovation.

20 000 brevets actifs ou en application à travers le monde

Schneider Electric semble bien parti dans ce chemin. Que ce soit dans l’appareillage et systèmes électriques, les automatismes réseaux et sécurité, le Datacenter ou la distribution électrique, les produits Schneider se veulent pionniers et incorporent une bonne dose d’innovation, d’après les professionnels réunis lors du Sommet. C’est pour cette raison que M. Tricoire préfère parler d’évolution plus que de révolution en décrivant les procédés développés par Schneider Electric. D’après les données de l’entreprise, le budget consacré à la recherche et développement a été multiplié par trois de 2000 à 2015. Il s’établit aujourd’hui à 5% du chiffre d’affaires. De plus, l’industriel français compte environ 20 000 brevets actifs ou en application à travers le monde. L’effort de recherche est assuré par 20 000 ingénieurs dont la moitié est spécialisée dans le développement de logiciels. Cela dit, les principes de l’innovation vue par Schneider se résument en quatre points. Le produit doit répondre à un vrai besoin du client, être simple d’utilisation, d’une qualité irréprochable, et peut être déployé sur support digital. De plus, il doit toujours garantir la sécurité, la fiabilité et l’efficience.

Développés selon cet esprit, plusieurs nouveaux produits et solutions ont volé la vedette dans le marché de l’innovation tenu en marge du sommet. Dans l’internet des objets (ou IoT, internet of things), le Modicon 580 ePac (un contrôleur avec backplane Ethernet embarqué), l’Altivar process (outil pour améliorer les algorithmes et les codes QR pour des machines intelligentes), ou encore l’Eurotherm Online services (solution d’accès web aux données avec stockage dans une plateforme Cloud) ont figuré en pôle position des produits innovants estampillés Schneider Electric.

Un label maison Green Premium

Dans l’industrie, qui représente 27% du chiffre d’affaires de l’entreprise, grâce à des appareils tels que le Smart Glance et Zelio relay RE22, ainsi que des solutions développées pour une gestion automatisée et connectée de toutes les opérations de production (approvisionnement, stockage, maintenance…), l’usine intelligente est dorénavant une réalité chez l’industriel français. Sur le segment du résidentiel, qui pèse 34% des ventes de Schneider Electric, le spécialiste français a consolidé la liste de ses produits avant-gardistes en dévoilant lors du Sommet un nouveau dispositif appelé PowerTag, le plus petit appareil de mesure de puissance sans fil disponible, conçu pour améliorer la surveillance et la sécurité des installations électriques, selon Schneider. Il simplifie la connectivité variable de processus de disjoncteurs individuels à un système de gestion du bâtiment, fournissant aux propriétaires et aux gestionnaires d’installations des données en temps réel. Cette innovation, première de son genre, permet une plus grande fiabilité et efficience des dispositifs électriques en offrant la possibilité de mieux gérer les charges critiques. Les données sont envoyées sans fil à un concentrateur pour les afficher par l’intermédiaire de pages Web, ou dans un autre support. Elles peuvent également être mises à profit pour créer des alarmes personnalisées par courrier électronique pour la surveillance des équipements à distance.

Par ailleurs, Schneider Electric conjugue son sens de l’innovation aux impératifs de la durabilité. L’industriel a mis en place un label maison Green Premium, une sorte d’éco-marque. En instaurant ce label, Schneider Electric respecte les exigences de développement durable et devient la première société du marché à fournir à ses clients les informations environnementales dont ils ont besoin. Selon le management, aujourd’hui les 2/3 du chiffre d’affaires sont réalisés avec des produits Green Premium.