Schéma directeur : des craintes pour l’immobilier d’entreprise

Une enquête du Centre régional d’investissement de Casa a conclu à un besoin de 7 000 ha au lieu des 4 500 programmés
L’Agence urbaine invoque les espaces inoccupés et dit vouloir lutter contre le phénomène de la «réserve stratégique».

Les promoteurs immobiliers ne sont pas seuls à être restés perplexes à la lecture du plan de développement stratégique du schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) du Grand Casablanca. Les opérateurs du secteur de l’immobilier d’entreprise émettent également quelques réserves. Sur les 21000 hectares d’espaces nouveaux à urbaniser, seulement 4 500 seront réservés aux activités économiques. «Le Centre régional d’investissement (CRI) avait pourtant conclu qu’au moins 7 000 hectares seraient nécessaires», déplore l’un d’entre eux. «Il y a un manque de cohérence entre le plan stratégique du SDAU et la stratégie de développement économique de Casablanca», poursuit-il. En clair, on craint qu’en 2030 la région de Casablanca ne compte trop d’appartements et pas assez d’espaces professionnels. Selon le Baromètre de l’immobilier d’entreprise, réalisé par le CRI en 2007, 660 000 emplois supplémentaires, au moins, seront créés d’ici 2020, et un million d’ici 2030. Les besoins en surface de travail s’élèveront alors à quelque 13 400 hectares. «Si nous n’avons pas de place pour eux, les investisseurs iront tout simplement ailleurs», prévient-on. «Pour atteindre l’objectif d’un taux de chômage de 9% en 2030, il nous faut plus d’espace», tranche notre source.

La clé réside dans l’adéquation entre offre et demande
A l’Agence urbaine, on ne calcule visiblement pas de la même manière. «Les besoins en immobilier de bureaux sont aujourd’hui estimés à 100 000 m2 par an», affirme Allal Sakrouhi, gouverneur de l’agence. «De plus, il y a encore beaucoup d’espaces inoccupés!», rappelle-t-il. Et d’ajouter que «le nombre de projets qui ont obtenu un avis favorable en 2007 correspond à plus de 156 000 m2, en superficie de bureaux, contre 86 000 en 2006». La superficie de plancher des unités industrielles ayant reçu un feu vert en 2007 s’élève à 533440 m2, tandis que celle dédiée aux commerces dépasse les 306000.
M. Sakrouhi affirme vouloir éviter le phénomène de la «réserve stratégique», c’est-à-dire une accumulation d’espaces par les promoteurs, sans qu’ils ne fassent l’objet d’une programmation bien définie.

La clé réside peut-être dans l’adéquation entre offre et demande, comme c’est le cas pour l’immobilier résidentiel. Toujours selon le Baromètre du CRI, 63% des intervenants concernés jugeaient l’offre d’immobilier d’entreprise «pas tout à fait satisfaisante». Les besoins les plus importants concernaient les locaux industriels et d’entreposage.