Santé de base : le CESE dresse un état des lieux alarmant

Les taux de mortalité maternelle et infantile sont parmi les plus élevés de la région MENA n Le pays souffre d’une grave pénurie de professionnels de santé et de grandes disparités au niveau de leur répartition géographique.

«Assurer un accès équitable et généralisé aux soins de santé de base». Telle est la question sur laquelle a été saisi le Conseil économique, social et environnemental (CESE) par le chef du gouvernement, le 28 novembre 2012. Le rapport a été présenté lors d’une conférence de presse tenue le 9 décembre à Rabat.

Au Maroc, les dépenses totales de santé représentent 6,2% du PIB, soit à peine le seuil minimum de 6% requis pour assurer des soins de santé de base. Malgré tout, l’espérance de vie est passée de 47 à 75 ans entre 1962 et 2010, et la mortalité maternelle a été réduite de 359 à 112 décès pour 100 000 naissances vivantes entre 1980 et 2010. La mortalité infanto-juvénile a également décru de 38% en 1980 à 36% en 2010.
Ces résultats restent cependant insuffisants. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont en effet parmi les plus élevés de la région MENA. Cette situation est d’autant plus inacceptable que 92% de ces décès pourraient être évités. La situation est naturellement plus grave en milieu rural où les enfants de moins de 5 ans encourent trois fois plus de risques de mourir de blessures évitables ou de maladies infantiles pouvant être facilement traitées.

A peine 6,2 médecins pour 10 000 habitants

Une des explications est que les établissements de soins de santé de base (ESSB) sont mal répartis entre les régions et au sein d’une même région, ainsi qu’entre milieux urbain et rural. Ce réseau souffre d’un manque de coordination et de communication avec le secteur hospitalier, de l’absence d’une carte sanitaire et de l’insuffisance de moyens humains et financiers. Ce qui explique pourquoi 143 ESSB sont actuellement fermés, et de nombreux autres très peu fréquentés.
En réalité, le Maroc connaît une grave pénurie de professionnels de santé et de grandes disparités au niveau de leur répartition géographique. C’est ainsi que le ratio du nombre de médecins pour 100000 habitants est d’à peine 6,2, ce qui ne cadre pas avec les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De même que le personnel paramédical lié aux soins de l’accouchement est inférieur au seuil critique de 2,28 pour 1 000 habitants défini par l’OMS. Le ministère de la santé estime, quant à lui, le déficit en médecins à 6 000 et en paramédicaux à 9 000. Cette pénurie s’explique notamment par la faible capacité de formation de médecins et d’infirmiers, l’émigration, ainsi que par l’insuffisance de postes budgétaires. A cela s’ajoutent les difficultés d’affectation et de rétention dans les zones éloignées et enclavées.

Autre problème, les prix des médicaments demeurent particulièrement élevés, et les marges de distribution ne sont pas dégressives en fonction du prix.