Santé animale : 147 MDH dépensés en vaccins en 2008

Ces produits représentent 21 % du marché des produits vétérinaires

88 % des vaccins utilisés sur place sont importés et 12 % fabriqués par Biopharma

Les produits fabriqués localement sont 4 fois moins chers que les produits importés.

A l’instar d’un grand nombre d’éleveurs de la Chaouia, Haj Abdellah Hachimi ne peut plus, pour vacciner son troupeau, se passer des services d’un vétérinaire, spécialité quasi inconnue une génération plus tôt. En effet, le secteur de l’élevage, qui représente 25 à 30% du PIB agricole, connaît un grand essor qui a fait que, selon la direction de l’élevage du ministère de l’agriculture, le chiffre d’affaires du secteur de la pharmacie vétérinaire s’est accru de 129 % en 20 ans, passant de 306 MDH en 1988 à 700 millions en 2008, dont 21 %, soit 147 MDH, en vaccins. Corrélativement, le nombre de produits vétérinaires autorisés au Maroc a augmenté de plus de 600 % (de 185 à 1 344), sur la même période, pour 21 sociétés pharmaceutiques vétérinaires installées au lieu de 7 en 1988.
Les vaccins mis sur le marché marocain sont utilisés notamment contre les maladies contagieuses aviaires (volaille) et pour la prévention des maladies des grands animaux (entérotoxémies, blue tongue, peste des petits ruminants, rage…). Jusqu’à présent, la quasi-totalité (88 %) de ces vaccins étaient importés et 12 % fabriqués par le laboratoire public Biopharma pour les campagnes étatiques de vaccination.
Vu la taille du cheptel et du fait que de nombreux produits sont de moins en moins disponibles chez ses principaux fournisseurs (Europe et Etats-Unis) suite à l’éradication de certaines pathologies (charbon, peste de la volaille appelée maladie de Newcastle …) dans ces pays, il y a de grandes opportunités pour la fabrication locale. Multi Chemical Industry (MCI), un laboratoire installé à Mohammédia, est déjà en train de réaliser un projet (voir encadré).

Les prix sont fixés par le ministère de la santé
Deux types de vaccins sont utilisés. Les premiers sont les vaccins dits institutionnels, contre les maladies réputées contagieuses. Ils ne peuvent être commercialisés que pour le compte du ministère de l’agriculture. Le deuxième type est destiné à la protection contre les maladies non contagieuses. Ils sont importés et en commerce libre conformément à des procédures strictes d’enregistrement et à un contrôle de haut niveau en terme de qualité et de sécurité.
Le Maroc, cité en exemple par de nombreux organismes internationaux, dont l’Organisation internationale des épizooties (OIE), pour les progrès accomplis dans le domaine de la santé animale (preuve en a été donnée lorsque le Maroc a, en quelques mois, mis au point les vaccins nécessaires pour régler le problème de la blue tongue, l’année dernière), devrait donc chercher à attirer de gros investisseurs dans ce domaine. De nombreux laboratoires étrangers sont d’ailleurs intéressés et voudraient faire du pays une plateforme pour la fabrication de vaccins destinés aux pays du Sud. Le coût de production sera largement inférieur à celui des produits importés en raison des charges moins élevées. A titre d’exemple, une dose de vaccin antirabique importée revient à 30 DH. Produite localement, la même dose coûte 8 DH avec, en plus, un kit d’identification (papiers, collier…).
Il faut signaler à ce propos que les prix des vaccins et produits vétérinaires (comme tous les produits pharmaceutiques) sont fixés par le ministère de la santé.
Cependant, pour élargir le marché domestique, des efforts doivent encore être faits en matière de sensibilisation. Selon les professionnels du secteur, les vaccins sont bien utilisés en aviculture (vu les risques énormes en cas de maladie) et en élevage ovin intensif où ils sont en grande partie pris en charge par l’Etat.