Salon Halieutis : Questions à  Amina Fuiguigi, DG de l’ONP

«Notre but est de préserver la qualité et d’assurer une meilleure valorisation des produits de la pêche»

La Vie éco : Quelles sont les prérogatives attribuées à l’ONP dans le cadre de la stratégie Halieutis?

L’Office national des pêches a été consacré Global Operator de la filière pêche, en ce sens que l’on intervient dans la mise à niveau des structures de commercialisation, les équipements et superstructures des ports de pêche, mais aussi dans l’accompagnement des professionnels à travers un ensemble de prestations de service. D’une manière générale, l’ONP travaille à moderniser les moyens de manutention, à gérer et organiser les marchés de vente en gros de poisson conformément aux normes garantissant la qualité et la salubrité des produits. L’office se charge également d’agréer le poisson industriel et de maîtriser l’information commerciale. Le but étant de préserver la qualité et assurer une meilleure valorisation des produits de la pêche et de maximiser la rapidité et la transparence des transactions en assurant une traçabilité sans faille des produits. L’un des principaux accomplissements a été la mise en place d’un réseau de halles de nouvelle génération qui permettront de préserver la qualité des produits transitant par les halles et leur assurer une plus grande valorisation. Une initiative qui permet d’assurer beaucoup plus de transparence des transactions par le biais des différentes opérations : pesée, criée, adjudication…

Et dans la gestion des ports, en particulier ?

En tant que Global Operator, l’ONP sera chargé de gérer de manière opérationnelle l’ensemble des activités des ports de pêche : débarquement, première vente, expédition… La feuille de route de l’office est claire : mettre à niveau les ports de pêche qui lui ont été concédés (quais, électricité et assainissement), développer les infrastructures et équipements de débarquement, notamment les grues, les pompes et les chariots élévateurs. Ensuite, il paraît urgent de mettre à disposition des professionnels des contenants normalisés, des magasins pêcheurs et des salles mareyeurs. Et, enfin, assurer divers services d’accompagnement : maintenance, sécurité, gardiennage, nettoyage des quais, bassins et fourniture d’eau et d’électricité. Et sur le long terme, nous avons l’intention de mettre en place des préalables à l’introduction du e-commerce selon les meilleurs standards.

Face à ce nombre croissant de challenges, l’ONP compte-t-il s’appuyer sur des partenaires étrangers ?

Bien entendu. En mai 2014, un protocole de coopération a été signé par l’ONP et la Sem Lorient-Keroman, dont Lorient Agglo est l’actionnaire majoritaire. Cette coopération porte notamment sur l’échange d’informations sur la gestion et la modernisation des infrastructures portuaires, la préservation de l’environnement, la valorisation et la commercialisation des produits de la pêche, la traçabilité et la connaissance du marché et du secteur… Le port de Lorient fera profiter de son expérience et de son savoir-faire les 22 ports marocains gérés par l’office (seize sur l’Atlantique et six en Méditerranée) ; ses entreprises spécialisées dans la transformation vont également pouvoir s’ouvrir aux produits de la pêche marocaine. C’est un accord gagnant/gagnant car il s’agit d’un potentiel non négligeable pour le port de Lorient en Europe, et pour les pêcheurs marocains qui trouveraient un nouveau débouché à leurs produits à des tarifs compétitifs.
Cet accord permettra la modernisation de la flotte et de la filière, la gestion et l’organisation des ports et des marchés de vente en gros, ou encore la commercialisation et valorisation des produits de la pêche. Autant de domaines où le port de Lorient-Keroman a fait ses preuves au cours de la dernière décennie.