Royal Air Maroc obligée de rester dans Air Sénégal international

La compagnie marocaine a 15 jours pour interjeter appel de la décision de justice.
ASI aura du mal à  poursuivre son exploitation dans le contexte actuel.

Le mariage qui unissait Royal Air Maroc et Air Sénégal International est en train d’être rompu dans la douleur. La première manche de la bataille judiciaire enclenchée par le Sénégal qui détient 49% du capital a tourné à son avantage. Saisi en référé par ce dernier, le tribunal régional de Dakar oblige la compagnie marocaine à rester dans l’actionnariat d’ASI et à poursuivre la gestion jusqu’à la fin de la mission d’audit qui sera confiée à un expert judiciaire. La RAM est naturellement inquiète de la tournure des évènements et exprime «[sa] désillusion» face à une situation qu’elle qualifie d’«insupportable». Auprès de cette compagnie, on dit toutefois respecter la légalité. Ce faisant, toutes les possibilités offertes par la loi seront exploitées.
Dans un premier temps, la direction générale a pris la décision d’interjeter appel de la décision rendue par le tribunal de Dakar. Elle a 15 jours pour le faire.

Une solution politique est possible
En attendant une prochaine audience, Royal Air Maroc devra parer au plus pressé, c’est-à-dire poursuivre l’exploitation. Et ce ne sera pas une partie de plaisir. D’abord, parce que la trésorerie d’ASI est pratiquement asséchée, notamment en raison du blocage de ses comptes par l’organisme sénégalais chargé de collecter les taxes aéroportuaires. Ensuite, il ne sera pas facile, dans un contexte de conflit entre actionnaires, de convaincre les banquiers d’ouvrir de nouvelles lignes de crédits de fonctionnement voire de maintenir ce qui existe. Enfin, la compagnie ne travaille plus qu’avec 3 avions au lieu de 4 habituellement. Un appareil a été rendu au loueur à la fin du contrat. D’où une possible réduction de l’activité. Auprès de la RAM, on dit pourtant ne pas fermer la porte du dialogue. Les propositions présentées à la partie sénégalaise, qui semble faire la sourde oreille, lors du conseil d’administration du 12 mars sont maintenues (voir Lavieeco.com). Nous n’avons pu recueillir les commentaires d’un des principaux responsables du dossier, toujours «en réunion» au moment où nous mettions sous presse. Dans cette affaire, on présume que la solution ne peut être que du ressort des politiques, du fait que l’alliance a été voulue au plus haut niveau des deux Etats. De plus, les deux parties ont intérêt à se ménager. Vu la situation économique mondiale, le Sénégal a peu de chances de convaincre un investisseur étranger de suppléer la RAM. Il lui sera également difficile, au regard de sa situation financière intérieure, de réunir à court terme les moyens financiers lui permettant de d’assurer seul la continuité de la compagnie. Quant à la RAM, elle risque de voir la mise en œuvre de sa stratégie africaine bâtie, en partie, à partir de son partenariat avec ASI fortement perturbée. Affaire à suivre…