Route maritime port de Casablanca/Plateforme logistique de Zénata : les raisons du retard !

Une étude commanditée afin de déterminer le type de connexion entre les routes maritime et côtière, non prévue dans le plan initial, a abouti au choix d’une trémie à la place d’un échangeur en hauteur. Le projet a aussi été impacté par l’entrée en jeu de Casa Aménagement et la prise en compte du futur projet de la corniche d’Ain-Sebaâ. L’objectif est de mettre un terme à la circulation des gros camions dans Casablanca.

Qu’est-ce qui explique le retard accusé dans la livraison du projet de la route reliant le port de Casablanca à la plateforme logistique de Zénata? C’est la question que nous nous sommes posé avant que nos interlocuteurs, les maîtres d’ouvrage du projet, à savoir l’Agence nationale des ports, le ministère de l’équipement et Casa Aménagement, nous fournissent plusieurs explications. Deux ans après la date de livraison prévue dans le projet initial inauguré en 2012, les principales tranches de cette route, longue de cinq kilomètres, et l’agrandissement de la route nationale qui mène à Zénata sont presque finalisées.

Que manque-t-il donc pour qu’elle soit mise en service? Selon Nadia Laraki, directrice générale de l’Agence nationale du port, la mise à jour du projet a nécessité plus de temps. En effet, le Conseil de la ville de Casablanca, le ministère de l’équipement et l’ANP avaient signé une convention pour une étude de faisabilité, qui a pris plus de temps que prévu, visant à déterminer un nouveau type de connexion avec la route de Zénata. Maintenant, le choix a été porté sur la construction d’une trémie pour lier ces deux axes. Le chantier est à la charge de l’ANP. «Le projet n’est pas arrêté. Il était plutôt en attente du bouclage de l’étude qui devait déterminer le type de connexion. Cette partie du projet ne figurait pas dans le projet initial, mais la réalisation d’une étude sur la connexion entre le port et la route de Zénata s’est avérée nécessaire. C’est ce qui fait que nous n’avons pas finalisé la partie qui nous incombe, à savoir la route maritime, longue de cinq kilomètres, sans mettre le bitume, en attendant la construction de la trémie», détaille la DG de l’agence. A l’en croire, la décision de ne pas finaliser la route maritime avant la livraison de l’étude coulait de source. «Ça n’aurait servi à rien de mettre le bitume avant que l’étude sur la connexion ne soit réalisée et la trémie construite», explique-t-elle.
Maintenant que le projet de la connexion est étudié et adjugé, les travaux de réalisation de la connexion ainsi que le revêtement de la route maritime, nous assure la directrice générale de l’ANP, devront démarrer de manière à ce que les deux tronçons soient livrés en même temps.

Concours d’architecture du paysage pour le projet de la corniche d’Ain-Sebaâ

En tout cas, la trémie ne nécessitera pas une révision du budget initial maintenu à 700 MDH. «On est dans les budgets prévus initialement. Bien évidemment, l’étude n’est pas concernée par ce constat», a conclu Mme Laraki.
Il n’y a pas que la connexion qui a été revue dans ce projet. Casa Aménagement a pris également le train en marche. Vu que le tracé de la route traverse une partie de la route de Zénata (R322), le Conseil communal a décidé de confier le réaménagement de ce tronçon à cette SDL. Et ce n’est pas tout. Depuis le lancement du Plan de développement du Grand Casablanca en 2014, l’aménagement de la corniche d’Ain-Sebaâ doit être pris en compte dans chaque projet initié dans la zone Est de Casablanca, proximité géographique oblige. «Ce paramètre ne figurait pas dans le plan initial de l’ANP consistant à faire en sorte que les poids lourds ne passent plus par le centre-ville. Le projet de la liaison du port avec la plateforme logistique de Zénata a donc une répercussion esthétique sur le projet de la corniche d’Ain-Sebaâ, dont Casa Aménagement s’occupera. C’est pour cela que l’échangeur en hauteur, prévu initialement, a été remplacé par une trémie», explique Driss Moulay Rachid, directeur général de Casa Aménagement.
Ces nouvelles donnes, souligne M.Moulay Rachid, ont nécessité la reprise des études relatives à tout le projet. Actuellement, les marchés de travaux de construction de la trémie sont sur le point d’être lancés et le projet devra être livré mi-2020, conformément à la convention qui lie Casa Aménagement à la ville.

Maître d’ouvrage initial du projet, le ministère de l’équipement, via Moncef Berrada, son directeur régional à Casablanca, confirme les propos de l’ANP et de Casa Aménagement. «Le projet a repris actuellement. Le changement intervenu dans le projet et l’arrivée de Casa Aménagement ont fait que de nouveaux paramètres ont dû être pris en compte», a-t-il conclu.

En ce qui concerne le projet de la corniche d’Ain-Sebaâ, un concours d’architecture du paysage sera lancé en début de l’année prochaine. Le but étant de démarrer les travaux fin 2019 pour une livraison prévue fin 2020. «C’est en ligne avec le Plan de développement. Actuellement, nous sommes sur le point de livrer les corniches de la mosquée Hassan II et d’Ain-Diab. L’étape suivante est la corniche d’Ain-Sebaâ», précise le directeur général de Casa Aménagement.