Rififi au sein de l’Association marocaine du transport routier international

La section de la région Nord claque la porte et constitue une nouvelle association, AMTRI-Maroc.
Son président conteste désormais la représentativité de l’association nationale.

C’est une guerre ouverte qui vient d’éclater au sein de l’Association marocaine du transport routier international (AMTRI). Menés par leur président, Ahmed Aberchan, les opérateurs de la région Nord ont constitué leur propre association, l’Association des transports routiers intercontinentaux du Maroc (AMTRI-Maroc) et contestent du coup la légitimité, voire la légalité de l’AMTRI, dont le siège est à Casablanca. En effet, Ahmed Aberchan se prévaut d’un jugement du tribunal de Tanger qui aurait ordonné dernièrement la dissolution de l’association. Mais, à l’heure où nous mettions sous presse, il n’était pas encore en mesure de nous donner une copie de ce jugement. Selon M. Aberchan, l’AMTRI, dont il était membre du bureau depuis sa création, n’a déposé ses statuts auprès du greffe qu’en 2006, quand le feu a commencé à couver. Il conteste ainsi ouvertement la gestion du bureau, et plus particulièrement celle de son secrétaire général, Abdellilah Hifdi. Surtout, il n’hésite pas à dénoncer la non-transparence dans la gestion financière qui serait même entourée d’un flou complet.
Aujourd’hui, Ahmed Aberchan revendique l’adhésion de quelque 360 entreprises (transporteurs et commissionnaires) à travers toutes les régions du Royaume. C’est une raison valable, selon lui, pour transformer l’AMTRI-Nord en AMTRI-Maroc, ce qui a été fait à l’issue de l’AG ordinaire de la nouvelle association, qui s’est tenue à Tanger le 18 juillet dernier. Et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le bureau de la nouvelle association a pu rencontrer, il y a quelques jours, le ministre du transport et de l’équipement, Karim Ghellab, à qui il a présenté un plan d’action, sous forme de mesures destinées à hisser le niveau de participation de la flotte marocaine à hauteur de 50% du trafic international routier reliant le Maroc aux autres pays. Cette part tourne aujourd’hui autour de 10%, estime-t-on.

La douane ne peut déléguer la vente du triptyque à deux associations
Dans la foulée, l’AMTRI-Maroc a demandé l’adhésion à l’International Road Transport Union (IRU) en lieu et place de l’AMTRI. Elle revendique par ailleurs l’exclusivité de la commercialisation auprès des transporteurs du fameux «triptyque», document de la douane, obligatoire pour le transport international routier, qui en a délégué la gestion et la commercialisation à l’AMTRI, sur la base d’une convention comme cela se fait dans d’autres pays. Contacté par La Vie éco, M.Hifdi, secrétaire général de l’Amtri, tout en déplorant la scission au sein de l’association, reconnaît que l’AMTRI-Nord et celle de Casa ont toujours été les deux piliers de l’association, et que M. Aberchan défend bec et ongles les intérêts de la profession. «Mais, conclut-il, je suis là pour fédérer et non pour diviser, sinon j’aurais créé aussi une nouvelle antenne de l’AMTRI dans le Nord».