Ribat Moubadara : un responsable se volatilise avec le fonds d’un million de dirhams

Le présumé coupable a profité d’une faille dans le système d’habilitation à  l’utilisation du compte bancaire. Une enquête est actuellement en cours pour déterminer les responsabilités. L’association aide les porteurs de projets en leur octroyant un prêt d’honneur de 10 000 DH à  80 000 DH.

Décidément, les plans de financement des jeunes entrepreneurs au Maroc sont frappés de malédiction. Ainsi, à peine lancé sous la houlette de l’Agence de développement social (ADS), le programme, dit Moubadara, qui devait effacer le mauvais souvenir du défunt Crédit Jeune Promoteurs, vire déjà au scandale. En effet, La Vie éco a appris que l’Association Ribat Moubadara, créée en juin 2011 et qui devait donner le la à une déclinaison régionale de son concept fondateur, a vu sa première dotation d’un million de DH détournée par un salarié véreux. L’affaire, qui va certainement faire couler beaucoup d’encre quant à la gouvernance de ces structures associatives à participation mixte, privée et publique, a éclaté quand les membres du Conseil d’administration, présidé par le vice-président de la section Centre de la CGEM, se sont rendu compte que le responsable nouvellement installé s’est volatilisé et a profité d’une faille dans les habilitations d’utilisation du compte bancaire. Une enquête est actuellement en cours pour déterminer les responsabilités et rendre son rapport aux membres fondateurs que sont, côté public, l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec), l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), la Commune urbaine de Rabat, l’Agence de développement social (ADS) et la Chambre d’artisanat, et côté privé, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le Réseau marocain d’économie sociale et solidaire (Remess), le Centre des jeunes dirigeants (CJD), l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem), l’Association marocaine des industries du textile (Amith) et l’Association SOS MDD.

Laâyoune et Agadir ont été le premier champ d’expérimentation de ce programme

Rappelons que le programme Maroc Moubadarate qui s’est inspiré du modèle France initiative réseau vise à accompagner les créateurs voulant démarrer une activité. Pour ce faire, il propose un mécanisme spécifique : «Prêt d’honneur», sans aucun intérêt et sans aucune garantie personnelle variant selon la nature du projet de 10 000 DH à 80 000 DH. Un apport qui peut s’avérer crucial pour la constitution des fonds propres de démarrage et servir de levier pour obtenir des crédits complémentaires auprès des banques. En outre, le programme se veut une plateforme d’accompagnement post-financement des TPE qui s’assimile à du parrainage économique assuré par les acteurs industriels et économiques partenaires et apportant un soutien technique et administratif. Après les expériences embryonnaires d’Agadir et Laâyoune, le programme devait connaître sa véritable mise sur rails à Rabat et Casablanca dont les «sections» ont été créées presque concomitamment durant l’été 2011. A moins que la mésaventure de lancement à Rabat ne refroidisse les ardeurs des acteurs impliqués. Affaire à suivre.