Révision des tarifs de l’Amo : les médecins et la Cnops campent sur leurs positions

Les médecins dénoncent la faiblesse des tarifs de référence de l’Amo. Les gestionnaires exigent la prescription des génériques. Le ministère de la santé ne se prononce toujours pas.

La révision de la tarification nationale de référence (TNR) de l’Amo traîne toujours. Réouvert il y a une semaine dans le cadre d’une réunion regroupant toutes les parties prenantes (CNSS, Cnops, Anam et ministère de la santé), ce chantier n’a pas beaucoup avancé depuis la rencontre de juillet dernier. Et pour cause, les médecins et la Cnops campent chacun sur leurs positions.

S’ils avaient pu entériner la décision d’établir deux conventions, l’une pour les cliniques et l’autre pour les médecins en vue d’instaurer une plus grande transparence des relations entre ces deux corps, ils n’ont toujours pas pu trouver un terrain d’entente quant à la révision des tarifs de l’Amo fixés en 2006.

Les médecins refusent de travailler sur la base de tarifs devenus obsolètes et ne correspondant pas du tout à la pratique sur le terrain. Les praticiens réclament, entre autres, de porter le prix de la consultation en cabinet (80 DH actuellement) à 150 DH. Ils réclament en plus une indemnité kilométrique de 4 à 5 DH/km. Les spécialistes, quant à eux, demandent que le prix conventionné soit de 200 DH, au lieu de 150 DH aujourd’hui en vigueur.

La CNSS propose une révision progressive

Les organismes gestionnaires, eux, conditionnent toujours la révision de la TNR par un engagement des médecins de prescrire des génériques pour ne pas mettre en péril l’équilibre financier du régime de la couverture médicale de base.

La CNSS et la Cnops font de la prescription des génériques une condition sine qua non de la révision des tarifs de référence. Elle entraînera, selon les deux gestionnaires, une économie substantielle sur leurs dépenses de médicaments qui représentent respectivement 40 et 41% du budget de l’Amo.

Selon des observateurs, la Cnops ne veut rien concéder sur ce volet. Elle a soumis ses propositions à l’Anam pour étude. Pour l’heure, elle refuse de dévoiler le contenu de ses propositions. Du côté de l’Anam, c’est également le mutisme. Pour les médecins, «ce silence n’est pas un bon signe pour l’avancement du dossier. Et peut-être qu’il n’ y a rien de neuf dans les propositions de la Cnops !». 

Pour ce qui est de la CNSS, on retiendra que la caisse avait proposé, en 2011, la révision progressive des tarifs : 50% de la revalorisation demandée par les médecins immédiatement, les 50% restants seraient accordés si le générique représentait 80% des prescriptions sur les 18 mois suivant la première révision.
C’est donc le statu quo. Et le ministère de la santé qui pourrait, selon la loi 65-00 portant code de l’Amo, imposer des tarifs de référence ne s’est toujours pas prononcé sur la question.