Revêtement : place à  de nouveaux matériaux

La mosaïque et les pierres naturelles sont les ultimes tendances tandis que le marbre connaît un déclin. Côté peintures, la mode est à  celles dites décoratives.

Est-ce dû aux émissions sans cesse plus nombreuses en matière de décoration? Ou est-ce une question d’innovation et de marketing pour booster un marché de plus en plus concurrentiel ? Quoiqu’il en soit, c’est la valse des tendances pour ce qui concerne les revêtements de sol et muraux. En effet, si on remonte seulement cinq années en arrière, peintures, céramique, marbre, parquet, bajemat, zellige habillaient nos intérieurs et ils avaient «la peau dure». Certes, ils n’ont pas totalement disparu mais de nouveaux matériaux ont été propulsés par de nouvelles tendances en la matière. Pour en avoir le cœur net, il suffit de se rendre dans les show-rooms spécialisés. Chez Lak Trade, par exemple, le choix est pléthorique pour revêtir sols et murs de différentes façons. Donc, forcément, on ne peut qu’hésiter. Ceci-dit, «tout dépend des goûts du client et des recommandations de l’architecte», confie Touria Idrissi, laquelle peut aussi prodiguer ses judicieux conseils selon quatre paramètres : pour quelle pièce ? Quels coloris ? Finitions brillantes ou mates ? Quelles dimensions? Mais «si le client n’est pas pressé, on peut lui proposer une gamme de choix plus large sur commande car notre stock est forcément limité», signale-t-elle.

Parquets et mosaïque

Cette dernière nous indique plusieurs grandes tendances. Ainsi, les carreaux en grès cérame de grande dimension sont privilégiés pour les sols de la réception et du séjour, tandis que le parquet en bois massif trouvera sa place dans des chambres à coucher. Quant aux salles de bains, la tendance est aux petits carreaux de mosaïque, voire à un mélange harmonieux de mosaïque et de carreaux moyen format. Mais cette fameuse mosaïque habille aussi les murs. Ses atouts : de nombreuses références, plusieurs formats, des coloris irisés ou mats.
Plus trompeur mais très apprécié, le «wall paper». Il s’agit d’une gamme de papier peint en mosaïque qui se pose tel un puzzle de pièces numérotées avec un ciment-colle. L’ultime tendance, elle, surfe sur la fibre «écolo» que l’on a naturellement en nous ou qui s’impose tout en sachant nous complexer avec intelligence. Ainsi, lave volcanique, galets de différents formats et de diverses couleurs, terracotta… produisent le plus bel effet, notamment pour les frises ou en panneaux 100% naturel (rien n’est synthétique). Egalement fort réclamés, les carreaux imprimés au design très modernes personnalisent nos espaces. De la sorte, on peut «customiser» certaines pièces de notre habitat.

Marbre brisé

Quid de ce bon (beau et somptueux) vieux marbre ? Chez Lak Trade, dont 90% des produits sont d’origine italienne et 10% proviennent d’Espagne, nulle trace de marbre… même de Carrare ! «On enregistre nettement moins de demande qu’auparavant», affirme Touria Idrissi. Pour ce qui est des parquets, le bois massif prédomine. «Pour l’intérieur, une essence brésilienne, le chêne, le wengé, l’iroqo et le jatoba sont les plus prisés», indique-t-on chez Lak Trade, où on précise au passage que leur entretien se fait avec une huile spéciale afin de conserver l’aspect brut, voire un vernis qui lui octroie alors plus de brillance. Autre conseil : vu qu’il s’agit de matériaux haut de gamme et relativement onéreux, il est indispensable de recourir à un artisan de renom.
Quant aux prix, ils varient de 200 dirhams TTC le m2 pour la mosaïque basique à 30 000 dirhams TTC le m2 de mosaïque doré à l’or 24 carats !
Si chez Lak Trade, la mosaïque et le grès cérame caracolent en tête des ventes, Hanane Nasbi, responsable show-room Espacia, confirme les grandes tendances évoquées ci-dessus avec toutefois certaines spécificités.

Question de budget

Selon elle, pour les sols, «le parquet en fibre de bois, appelé aussi «stratifié», est le plus réclamé au regard du budget des ménages marocains. A partir de 174 dirhams TTC le m2 posé pour du 7 mm, jusqu’à 312 dirhams TTC le m2 posé pour le 12 mm, vous pouvez vous offrir un beau parquet». Chez Espacia, la pose est assurée par une équipe interne. Les produits sont garantis 2 ans et l’entretien se fait à l’aide de produits spécifiques couramment vendus en hypermarché. Quant au bois massif importé, notamment du Canada (20 mm), il est plutôt réclamé par les propriétaires de villas en construction. Il existe aussi le contrecollé (semi-massif). Importé de France, ce matériau est composé de 3mm de bois massif, puis d’une couche de fibre de bois à haute densité et, pour finir, de contreplaqué dont l’épaisseur varie de 10 à 14 mm.
Pour ce qui concerne le carrelage, Hanane Nasri note que «les tonalités de différents gris, ainsi que le blanc sont très tendance tout comme la pierre naturelle». Comptez à partir de 200 dirhams TTC pour le carrelage et 600 DH pour la pierre naturelle. Quant aux décors muraux, «la mosaïque est la grande mode, même s’il s’agit d’une clientèle de niche car les prix vont de 1 200 dirhams le m2 jusqu’à
120 000 dirhams pour certains panneaux», informe Hanane Nasri. Mais pour lesdits panneaux, on est face à une véritable œuvre décorative. Par ailleurs, chez Espacia on note aussi un engouement pour les coloris flashis. Dans cette enseigne, la mosaïque est italienne, le carrelage espagnol et portugais. Tout comme Lak Trade, Espacia conseille de recourir à des poseurs expérimentés, surtout pour la mosaïque et reconnaît une baisse de la demande envers le marbre, lequel est remplacé par du carrelage effet marbre beaucoup plus facile à entretenir.
Peintures novatrices
Nos bonnes vieilles peintures subissent-elles le même sort que ce bon vieux marbre ? Que nenni ! Selon Safae Bouchouirab, responsable du show-room Colorado de Casablanca, «à l’heure actuelle, en matière de peintures, la mode est aux peintures décoratives, lesquelles ont un effet spécifique contrairement aux peintures classiques qui sont un simple revêtement. Les peintures décoratives ont un aspect en relief, nacré, sablé, marbré, brillant, mat, satiné… Leur avantage est qu’elles sont destinées à toutes les pièces en leur octroyant une ambiance chaleureuse».
Chez Colorado, des peintres sont régulièrement formés aux diverses techniques d’application de chaque nouveau produit, puis ils sont mis en relation avec les clients afin de leur assurer un bon emploi. Comme la mode est à l’écologie, ces peintures sont désormais sans solvant et lavable après 20 jours de séchage… sauf sur la gamme Ambre (stucco) qui nécessite un cirage. Parmi les peintures décoratives les plus prisées, figure la gamme Ksour : étanche avec un aspect tadlakt. Quant aux peintures dites classiques, les mat, satiné et laqué offrent la possibilité de choisir parmi 1000 coloris. Vous optez pour telle couleur et vous l’obtenez sur place au terme de cinq minutes de préparation ! Beaucoup de peintures sont dites anti-acarien, anti-moisissure et anti-moustique, toujours diluables à l’eau et inodores. Un confort optimal, surtout pour les chambres d’enfants. Notons aussi l’existence de peintures étanches destinées aux façades et aux toitures. Pour les tarifs, comptez 200 à 600 dirhams TTC le seau de 2 litres pour les peintures décoratives. A titre d’exemple, la gamme Argana couvre 10 à 15 m2 avec 1 litre de peinture. Une couche suffit pour certaines peintures, tandis que deux sont nécessaires pour d’autres.

Retour du papier-peint

Mais en matière de revêtements muraux, la grande surprise concerne les papiers peints et les tissus muraux, lesquels reviennent en force car les éditeurs ont su innover en étroite collaboration avec les designers. Chez By Divani, Salima el Alaoui considère, que «les papiers peints conviennent désormais à toutes les pièces et aux différentes surfaces». Il est judicieux, par ailleurs, de recourir à un professionnel aguerri pour la pose, surtout lorsqu’il y a des raccords.
La tendance va pour les effets matières avec des motifs design. Certains d’entre eux bénéficient même d’un traitement anti-feux ! Dedar, Graham & Brown et Rasch sont les marques représentées par By Divani. Les prix varient de 1 000 DH TTC le rouleau de 10 mètres à 600 DH TTC le mètre pour le très haut de gamme.
Quant aux tissus muraux, ils procurent indéniablement une ambiance plus chaleureuse. Pour la pose, c’est le même principe que pour le papier peint. Mais l’ultime tendance est à la toile tendue, surtout très en vogue dans les hôtels. Grâce à elle, on a la possibilité de «customiser» le décor, lequel ressort souvent très design. Les éditeurs proposent une large palette de styles accessible à partir de 1 500 dirhams TTC le mètre. Notons que cette matière est traitée anti-feux et ne comprend pas de chlore ni de PVC. C’est aussi une surface lessivable, modulable et acoustique ! Quant aux autres tissus muraux, leurs prix débutent à 1 000 dirhams TTC le mètre.
Papiers peints, tissus muraux et toiles tendues ont un avantage majeur : la variété de styles répond aux goûts des 7 à 77 ans.