Retraite anticipée : à  peine 6 158 dossiers traités depuis 2005

La plupart des demandes sont exprimées surtout par des salariés du secteur du transport et de l’entreposage.

Ce sont 1 789 dossiers de retraite anticipée qui ont été traités par la CNSS en 2014. Soit 208 dossiers de plus par rapport à l’année 2013. Le bilan depuis l’institution de cette mesure en février 2006, révèle que seulement 6 158 dossiers ont été traités et liquidés par la caisse. Rapportée à la population potentiellement concernée par la retraite anticipée et qui est estimée au départ à 30 000 personnes, les syndicats avancent que la portée de cette mesure est finalement faible. Pourtant, elle s’inscrit dans le cadre de la politique de restructuration et de mise à niveau des entreprises dans la mesure où elle permet de libérer des postes d’emploi et donc de rajeunir les ressources humaines. Cependant, son coût est jugé trop élevé par les entreprises.

L’accord de l’employeur est obligatoire

Dans le milieu syndical, on estime que «ce deal n’est pas toujours une bonne affaire pour les employeurs dont plusieurs d’entre eux préfèrent continuer à payer un salaire pendant une année ou deux avant la retraite plutôt que de payer
la prime due au titre de la retraite anticipée».

La répartition sectorielle des demandes pour 2014 révèle que le transport et l’entreposage arrivent en tête avec 567 dossiers, suivi par l’industrie manufacturière, 261 dossiers,  et la construction avec 215 dossiers.
 Instituée par l’article 53 bis de la loi relative à la réforme des statuts de la CNSS, la retraite anticipée doit répondre à des conditions précises : l’accord de l’employeur sur le principe et pour le paiement de la prime qui équivaut au montant des pensions à payer pour les cinq années restantes. Le versement de la prime, calculée par les services de la CNSS, se fait en une seule fois. La prime, déterminée en fonction d’un barème fixé sur la base du nombre de mois restants à travailler jusqu’à l’âge de 60 ans et d’un taux technique de valorisation de 3,5%, est plafonnée à 230 000 DH. En ce qui concerne les assurés, le décret stipule que les demandeurs de la retraite anticipée doivent avoir cotisé pendant 3 240 jours continus ou discontinus. Ce qui équivaut à une durée de travail de 10 ans et 6 mois à raison de 26 jours par mois. Les assurés doivent bien sûr être âgés de 55 ans et plus.