Retrait, virement, remise de chèque…, ce que votre banque vous facture

Un comparatif détaillé entre les banques pour les tarifs des principales prestations.
Jusqu’à  30 DH pour un retrait par chèque, 90 DH par trimestre pour les frais de tenue d’un compte courant et 120 DH quand vous remettez un chèque qui est retourné impayé.
Les tarifs sont toutefois négociables. Tout dépend
de l’intérêt commercial du client.

Savez-vous ce que votre banque vous facture ? Une question à laquelle bien des clients même les plus regardants n’ont pas toujours la réponse exacte. Bien que sur votre relevé bancaire tout ce qui vous est facturé soit expressément mentionné, il n’est pas toujours aisé pour le client lambda de déchiffrer les intitulés et encore moins de reconstituer les modes de calculs : sur quelle base est calculé le prélèvement ? A quel taux Quelle est la formule utilisée?, etc.
Certains mettent cela sur le compte d’une tendance du personnel des agences à ne pas s’empresser d’expliquer à leurs clients. Pour d’autres, ce sont plutôt les clients qui soit ne cherchent pas l’information, pourtant disponible, soit ne comprennent pas tout ce qui est écrit sur les brochures et les documents qu’on leur remet.
Et le débat ne fait que commencer car, c’est à peine depuis 4 ou 5 ans que les recettes des commissions ont commencé à peser lourd dans l’activité bancaire et sur le relevé du client.
En effet, ce n’est un secret pour personne : la tendance baissière des taux d’intérêt sur les cinq dernières années a laminé les marges d’intermédiation des banques, c’est-à-dire la différence entre les taux appliqués aux clients et le coût des ressources. Du coup, pour compenser la baisse et atténuer ses effets sur le produit net bancaire (PNB), les établissements de crédit devaient impérativement se rabattre sur une autre source de revenus : les commissions.
En 2008, les 18 banques agréées du pays ont réalisé un produit net bancaire de 27,2 milliards de DH, en hausse de 4,7 % par rapport à l’année d’avant, d’après les chiffres de Bank Al Maghrib. La marge sur commissions tirées des services facturés ont totalisé 3,6 milliards de DH, soit 4,7% de plus qu’en 2007. Elle représente 13,3 % du PNB. Depuis la libéralisation de l’activité bancaire, cette part a augmenté. Elle était de 11,1% en 2002, 11,2  % 2003 et 11,6 % en 2004. Si l’on prend en compte uniquement les banques commerciales, la part de la marge sur commissions des banques par rapport au PNB s’élèverait à plus de 22 %, selon les estimations d’un analyste financier.
Certes, pour l’instant, les principaux éléments de concurrence entre les banques sont toujours les taux d’intérêt et les conditions d’octroi de crédits. Mais les commissions, au rythme auquel leur poids augmente aussi bien pour l’activité des banques que pour le client, leurs tarifs pourraient à terme constituer un critère déterminant dans le choix de sa banque. D’où l’importance aujourd’hui de faire un premier comparatif entre les grilles tarifaires des différentes commerciales de la place du moins pour les prestations les plus utilisées par la clientèle.
Pour le retrait par guichet bancaire, opération la plus basique, le tarif est pratiquement le même pour tous : gratuit quand il s’agit d’un GAB de votre propre banque et 6 DH dans le cas contraire. Seule exception, la BMCE qui le facture à 5,61 DH, indépendamment de l’identité de la banque.
Pour le retrait par chèque, l’opération est généralement gratuite quand elle est effectuée auprès de l’agence qui tient le compte. Si le client se présente à d’autres agences de sa banque, le service est facturé à 30 DH par Attijariwafa bank et BMCE Bank; 25 DH par le CIH et la BMCI et 20 DH par la Société générale et la Banque populaire.
Pour les opérations de remise de chèque à l’encaissement sur le Maroc, elles sont gratuites à la SGMB. Idem pour le CIH et le Crédit Agricole du Maroc quand il s’agit d’encaissement entre agences de la même banque; sinon ces deux banques le facturent respectivement à 5 et 7 DH. Le prix du service est de 5 DH à la BP et à Attijariwafa bank et de 10 DH à BMCE Bank, au Crédit du Maroc et à la BMCI.
Au niveau des chèques guichets, la tarification varie entre 15 DH pratiquée par Attijariwafa bank et 10 DH par la plupart des autres banques. Seule la SGMB offre ce service gratuitement quand il est effectué auprès de l’agence du client.

Les clients sont encore insuffisamment protégés
Les virements reçus sont également une source importante de revenus pour les banques. Pour ceux qui sont permanents et qui concernent la plupart des salariés, BMCE Bank, CIH, BMCI et Attijariwafa bank facturent 10 DH pour chaque virement reçu ou émis. Le Crédit du Maroc débite du compte de ses clients 7 DH, et 10 DH pour tout virement reçu du Trésor en faveur des fonctionnaires. Le service est gratuit au CAM et SGMB le facture à 5 DH auxquels s’ajoutent 20 DH de frais de mise en place du service payé en une seule fois.
Pour les frais de tenue de compte, les banques adoptent une tarification presque identique pour les comptes-chèques de particuliers. La Banque populaire est incontestablement la moins chère puisqu’elle applique un tarif de 25 DH pour tout compte réalisant plus de sept opérations (durant le trimestre) et 15 DH seulement pour les moins de 7 opérations. Sinon les tarifs varient entre 40 DH le trimestre (HT) au CIH et 50 au Crédit du Maroc. Les autres le facturent une moyenne de 45 DH le trimestre. Quant aux comptes courants utilisés généralement par les sociétés, le tarif est de 60 DH (par trimestre) pour la plupart des banques, 70 DH au CIH et au CAM et 90 DH à Attijariwafa bank.
La certification de chèques coûte 15 DH chez la BCP et BMCE Bank, les moins chères à ce niveau ; le tarif le plus élevé, 25 DH, est à l’actif du Crédit du Maroc et du CIH. Les autres (BMCI, CAM, Attijariwafa bank, SGMB) facturent ce service à 20 DH.
Pour le blocage des comptes (pour motif de saisies-arrêts, saisies conservatoires ou autres), le Crédit du Maroc débite le compte de 500 DH, Attijariwafa bank et le CIH de 300 DH, BMCE Bank et CAM de 200 DH et la BP de 100 DH. Pour une protestation de chèque impayé, le client doit débourser 1 000 DH auprès de la BMCI, 700 au CAM et 500 DH auprès des autres banques. En cas de rejet de chèque pour absence ou insuffisance de provision, la SGMB, la BMCE et le CIH débitent 100 DH du compte du client concerné.
La BMCI pénalise le client de 40 DH et Attijariwafa bank de seulement 10 DH. Avec 120 DH facturés, CAM est le plus cher.
Enfin, lorsque les clients réclament une opposition à la carte de crédit pour perte, vol ou usage abusif, la Banque populaire affiche la tarification la plus clémente : 25 DH. Elle est suivie du CAM avec 40 DH, tandis que la BMCE exige 52 DH, le CIH et Attijariwafa bank 50 DH. Le CIH facture ce service à 100 DH ; idem pour la SGMB pour l’opposition au motif d’usage abusif de la carte, et 50 DH en cas de perte ou vol de carte.
Au final, les tarifs appliqués par les banques sont très proches. Pour le client, en fait, tout se joue sur la fréquence et le volume des opérations qu’il effectue. Quand il connaît très bien la physionomie de son compte et le type d’opérations qu’il utilise le plus, le client peut, en effet, choisir une banque ou une autre sur la base des tarifs des commissions qu’elles appliquent.
Et ce n’est pas un hasard si les banques, soit spontanément soit sur injonction des autorités, ont de plus en plus tendance à communiquer plus facilement sur la question. Déjà trois d’entre elles, notamment Attijariwafa bank, la Société générale et la BMCI, ont carrément mis des grilles de tarifs sur leurs sites internet. Bien que les documents soient par moments incomplets, ils n’en sont pas moins un premier outil pour les clients et la démarche est tout de même louable. A défaut de les mettre en ligne, les autres banques se font fort de mettre à la disposition de leurs clients toute la grille tarifaire à travers des affiches au sein même des agences.
Maintenant, la question qui reste posée est de savoir si le client peut ou non négocier ces tarifs avec sa banque.
A priori oui, du moment que ces tarifs sont fixés de manière libre. Mais dans la pratique, c’est une autre paire de manche. Pour le tester, une visite-mystère dans des agences bancaires de la place. Premier constat : pour les opérations les plus fréquentes comme les frais de tenue de compte, les retraits, les frais postaux et les virements, les banquiers s’avèrent moins enclins à négocier. A part cela, tout peut être négocié comme chez n’importe quel commerçant.
Dans certaines d’entre elles, le directeur a promis des baisses importantes au niveau des tarifs de certains services, si, en contrepartie, on lui assure la domiciliation d’au moins une centaine de salariés d’une même entreprise. Une sorte de prix de gros en somme.
C’est surtout au niveau des frais relatifs aux commissions sur les moyens de paiement, notamment les opérations afférentes à l’utilisation de la carte de crédit, que des promesse de diminution allant jusqu’à 50% ont été formulées.