Retrait d’agrément pour des sociétés de crédit à  la consommation

L’Union de crédit a perdu son agrément, Salaf Al Hanaa
dans le collimateur des autorités monétaires. 
Les sociétés en difficulté ne cumulent, pour leur ensemble,
que quelques dizaines de millions de DH d’encours de crédits distribués,
mais le phénomène encore inédit des fermetures risque de
prendre de l’ampleur en 2004.

Les temps sont durs pour les sociétés de crédit à la consommation. La baisse du TEG (taux effectif global), la concurrence et la dégradation de la qualité des portefeuilles commencent à faire leur œuvre. C’est ainsi que l’Union de Crédit s’est vu purement et simplement retirer son agrément par le ministère des Finances. Salaf Al Hanaa est également dans le collimateur. De source proche de cette société, «un dossier est bien à l’étude, mais aucune décision de retrait de l’agrément n’a été notifiée aux responsables».
Certes ces sociétés ne cumulaient, pour leur ensemble, que quelques dizaines de millions de DH d’encours de crédits distribués mais ce phénomène encore inédit risque de prendre de l’ampleur en 2004. La preuve en est que beaucoup de petites sociétés traversent une mauvaise passe et si aucune recapitalisation n’est opérée rapidement, certaines d’entre elles risquent de connaître le même sort qu’Union de Crédit.

Menace sur les petites sociétés
Pour l’histoire, la disparition, presque dans l’anonymat, de cette société est la conséquence de plusieurs facteurs, qui n’ont eu raison que des plus fragiles et des moins bien préparées. Outre la baisse du TEG, les nouvelles règles de provisionnement imposées au secteur par Bank Al Maghrib ont mis à nu les matelas de créances en souffrance.
Toutefois, au-delà d’une simple mortalité d’entreprises, ce sont plutôt les aspects sociaux d’une telle déroute qui inquiètent. Les conséquences sont encore plus graves quand il s’agit d’établissements de crédit à effet de levier important. Aussi, les autorités monétaires auront-elles fort à gagner en communiquant sur les solutions apportées au traitement des encours de crédits des centaines de clients des établissements qui risquent de fermer et sur le sort de leurs employés. La liste des sociétés de crédit à la consommation, arrêtée à fin 2002 à 26 établissements sera sans doute appelée à se rétrécir d’ici à fin 2004, date butoir de mise en conformité totale avec les règles prudentielles. Des petites structures telles Safacred, filiale de la BNDE, qui a déjà cumulé des déficits critiques, Finacred, Crédicom, Crédim ou Sonac devront se démener pour éviter de mettre la clé sous le paillasson. D’autres pointures beaucoup plus importantes comme Sofac ne doivent leur salut qu’au sauvetage opéré par leur maison mère (100 MDH d’ augmentation de capital)