Retour des beaux jours pour le textile : 11% de hausse attendue cette année

Le premier semestre a été satisfaisant et le niveau des carnets de commandes pour le second ne l’est pas moins. Bonne progression sur les marchés portugais et américain. Des donneurs d’ordre envisagent de s’implanter directement au Maroc.

Le mois de juillet a été satisfaisant pour les industriels du textile. Leurs exportations ont enregistré une bonne progression par rapport au premier semestre 2011. Elles ont totalisé un chiffre d’affaires de 2,9 milliards de DH contre une moyenne mensuelle de 2,6 milliards durant les six premiers mois de l’année, soit 11% de plus. Le bon comportement de l’activité a concerné aussi bien la filière de la maille que celle de la chaîne et trame qui réalisent l’essentiel des recettes. Pour cette dernière, les exportations ont atteint en juillet 1,9 milliard de DH contre une moyenne mensuelle de 1,6 durant le premier semestre. Pour la maille, les ventes à l’étranger ont été de l’ordre de 800 MDH contre 500 millions antérieurement.
Cette croissance s’explique, selon les responsables de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith), par le fait que juillet est un mois de livraisons. Les entreprises étaient, en effet, tenues de boucler les commandes et de les livrer durant le mois afin de respecter les plannings de mise en boutique des distributeurs étrangers.
La répartition par marché des exportations révèle que les plus fortes hausses ont été enregistrées sur les marchés portugais (+46%) et américain (+37%). Ces performances sont les retombées, explique l’Amith, des diverses actions promotionnelles effectuées en collaboration avec Maroc Export. Pour les autres débouchés, la croissance a été de 16% pour l’Espagne, 24% pour le marché allemand et 8% pour l’Italie. Quant aux marchés français et britannique, les exportations ont enregistré de légères progressions de 4% et 5%. Néanmoins, ces deux pays ont absorbé les deux tiers des exportations des 7 premiers mois, et ont totalisé un chiffre d’affaires d’environ 18,5 milliards de DH.

Négociations avec Benetton, Beau Manoir et Tesco

Par ailleurs, l’Amith affirme, même si les statistiques d’août ne sont pas encore disponibles, que cette tendance haussière des exportations s’est maintenue durant ledit mois. En revanche, poursuit-on à l’association, septembre sera calme et plusieurs entreprises seront en congé durant la première quinzaine. Cela n’est pas pour entamer l’optimisme des professionnels qui affirment que le deuxième semestre de l’année a bien démarré et ils prévoient même de boucler l’exercice 2011 avec un chiffre d’affaires global de 31 milliards de DH contre 28 réalisés en 2010, soit une croissance prévisionnelle de près de 11%. Cet optimisme est renforcé par le retour de grands donneurs d’ordre dans le pays. L’association signale à ce propos que des discussions seront engagées avec le groupe italien Benetton qui envisage de s’implanter directement. Cette entreprise n’est pas la seule à se repositionner puisque les professionnels ont également des discussions avec le numéro deux du prêt-à-porter français, le groupe Beau Manoir.
Enfin, les représentants du secteur du textile rencontreront au cours de ce mois de septembre également les responsables du groupe britannique Tesco (Cache Cache et Mango). Ce donneur d’ordre, qui a déjà passé des commandes auprès de plusieurs unités marocaines à Casablanca et Tanger, est classé premier distributeur de textile en Grande-Bretagne. Pour l’Amith, ces projets d’implantation confirment l’intérêt que portent, de plus en plus, les groupes étrangers au Maroc qu’ils considèrent comme une zone de sourcing stratégique.
Pour conclure, il convient de rappeler que le textile sort d’une difficile conjoncture de trois années successives au cours desquelles il aura peiné à maintenir son volume d’activité. En cause, la crise économique et financière mondiale, un effet de change très défavorable lié à la dévaluation de la livre anglaise mais également la montée en puissance de certains pays comme l’Egypte. Maintenant que les donneurs d’ordre maintiennent leur recentrage sur les fournisseurs de proximité (pour des raisons de réactivité logistique) et que certains pays voisins connaissent des difficultés (Tunisie, Egypte), le Maroc cherche à accroître ses parts, et ce n’est pas pour rien que le secteur a prévu de recruter 20 000 personnes cette année. Toute la crainte réside aujourd’hui dans une éventuelle stagnation de la croissance sur le marché européen, notre principal client.