Retards dans la mise en place des plans de développement touristiques

Sur six programmés, seulement trois ont été signés : Agadir, Fès et Casablanca.
Celui de Tanger suspendu à  la disponibilité du financement.

Les plans de développement régionaux touristiques (PDRT), contrats-programmes dans lesquels sont impliqués Etat, autorités locales et élus de la ville et de la région, restent l’un des chantiers les plus importants de la stratégie de développement du tourisme.

Mais la réalisation est laborieuse et, sur les six PDRT prévus au départ de la Vision 2010 (Agadir, Tanger, Tétouan, Fès, Marrakech et Meknès), seuls trois ont été signés : Fès en novembre 2005, Casablanca en mars 2006 et Agadir en avril 2007.

La philosophie de ces contrats repose sur une idée simple : mobiliser un budget émanant du public et du privé pour mettre en œuvre un programme sur une période donnée avec une feuille de route précise.

Mais dans la foulée, des projets nouveaux, privés ou publics, se greffent sur ces PDRT. Ce qui rend ces budgets indicatifs. Les enveloppes prévues au départ par l’Etat étaient de 900 MDH pour Fès, 1,3 milliard pour Casa et 3 milliards pour Agadir. Cependant, la capitale économique, par l’ampleur de ses chantiers, s’inscrit dans une configuration particulière.

Selon de nombreux analystes, la conception et le lancement des PDRT et leur mise en œuvre dépendent beaucoup de la qualité de la gouvernance dans ces villes ou régions. Et selon eux, Agadir et Fès ont franchi le pas grâce au volontarisme et à la bonne entente qui règne entre autorités locales, élus et professionnels. Néanmoins, les deux villes ne progressent pas au même rythme : Agadir respecte le calendrier établi, alors qu’à Fès, certains projets privés accusent du retard.

Une Vision 2020 pour Marrakech
Les autres villes donnent l’impression de ne pas avoir trouvé l’impulsion pour aller de l’avant. L’exemple de Tanger est édifiant. Sur le papier, le PDRT est ficelé, sur la base d’un budget avoisinant 500 MDH, mais la signature a été reportée plusieurs fois, au grand dam des professionnels.

Selon certains professionnels, le blocage est dû au fait que le financement n’est pas encore disponible. En attendant les PDRT de Meknès et de Tétouan, c’est celui de Ouarzazate, non prévu au départ, qui devrait, selon une source au ministère du tourisme, être finalisé avant la fin de l’année.

Quant à Marrakech, destination phare du Royaume, beaucoup estiment qu’elle n’a pas besoin de PDRT. Pour cette ville, en effet, paralèllement à l’étude en cours sur la Vision 2020, une autre lui sera exclusivement consacrée, ainsi qu’au développement de son tourisme, pour le même horizon, et menée par le même cabinet.

Casablanca, qui n’est pas exempte de problèmes de gouvernance, reste un cas particulier. Le PDRT qui a été signé en grande pompe en mars 2006 et qui court jusqu’en 2012 est diversement apprécié.

Ce qui est sûr, c’est que la mise à niveau de la ville, malgré les retards pris dans l’exécution des projets, va bon train. Le paysage urbain de la métropole est tellement complexe qu’il a fallu du temps pour faire bouger les choses.

«Le PRDT de la capitale économique apparaît désormais comme un prétexte tant la ville regorge de projets structurants», résume Saïd Mouhid, directeur du Conseil régional du tourisme (CRT).

Pour lui, l’essentiel est que tous les chantiers, sinon la majorité du contrat-programme (2006-2012), sont en cours d’exécution.
Dans certains cas, les études de faisabilité ont pris beaucoup de temps, mais, aujourd’hui, la plupart des projets sont sur les rails.

A commencer par l’offre d’hébergement qui a beaucoup progressé au cours des dernières années en quantité et en qualité. Ainsi, la plupart des grands hôtels ont été rénovés ou sont en cours de rénovation, que ce soit dans le cadre du PDRT ou d’initiatives privées.

On ne peut recenser ici tous les projets du Grand Casablanca, mais à ce jour, même si les résultats ne sont pas encore perceptibles pour le public, l’état d’avancement est satisfaisant.

Ainsi, deux des hôtels du Casa City Center ont déjà ouvert, et la construction du Sofitel a commencé il y a quelques semaines. Cet hôtel devrait être achevé comme prévu en décembre 2009. Avec le réaménagement de la gare Casa-Port, la zone aura, à moyen terme, une nouvelle allure.

A la marina, dont la convention a été signée en mai 2006, les travaux vont aussi bon train et l’ouverture est prévue en mai 2009, soit avec un an de retard sur le délai prévu. Mais, dans la mesure où les appels d’offres pour la construction des espaces commerciaux, des hôtels et du palais des congrès sont lancés, le retard enregistré n’aura pas de conséquence grave.