Restauration : la profession partagée sur la reprise de l’activité

Pour une catégorie de tables bien connues, les signes de reprises sont perceptibles. Le président de la fédération indique que des régions comme Fès, Meknès, El Jadida et Nador sont sinistrées.

Après une baisse de la fréquentation due au Ramadan et à la rentrée scolaire qui a écorné les budgets des ménages, certaines catégories de restaurateurs commencent à percevoir des signes de reprise, même s’il est difficile d’en évaluer de manière précise l’intensité car beaucoup de paramètres entrent en jeu, notamment la situation géographique, la notoriété, la carte et le prix. Pour Taki Kabbaj, patron du restaurant Rouget de Lisle, la reprise est bien perceptible, «surtout quand on la rapporte à la crise qui est davantage dans les têtes».

Eric Arnoux et son associé Aziz Chibane (Bodega, Bavaroise, Squalla et Ostrea de Mohammédia) sont, eux aussi, confiants, même s’ils ne donnent pas de quantification. Selon eux, septembre n’est pas le bon mois pour prendre la température de la fréquentation mais plutôt novembre. Ceci étant dit, ils écartent l’idée que l’activité soit en crise. Ils expliquent que l’offre a plus que quadruplé en dix ans et que la restauration rapide fait des dégâts même si elle ne touche pas de la même manière toutes les tables. Pour appuyer leur constat, MM. Arnoux et Chibane soulignent qu’on est loin, heureusement, des reculs observés en Espagne ou au Portugal.

Khalid Abbadi, professionnel du secteur de la restauration mais aussi président de la Fédération nationale de la restauration (FNR), donne un point de vue plus mitigé. Selon lui, «il ne faut pas confondre les tables reconnues et le reste car, globalement, l’activité connaît un large recul». A l’en croire, «des régions comme Fès, Meknès, El Jadida et même Agadir peuvent être classées comme zones sinistrées». Pour le président de la FNR, qui est aussi le président de l’association des restaurateurs de Casablanca, il y a d’abord le recul des donneurs d’ordre que sont les entreprises et il évalue ce manque à gagner de l’ordre de 10 à 15%, en général. Pour certains restaurateurs, le gap atteint 25 à 30%. En fait, la chute de la fréquentation est constatée en milieu de semaine et à midi plus que le soir. Et très souvent, c’est durant le week-end qu’on peut se rattraper, selon les exploitants interrogés.

Malgré tout, des restaurants ont changé de mains ou fermé. A Casablanca, par exemple, le Quai du Jazz a mis la clé sous le paillasson et La Maison du gourmet, de la cheffe Meryem Cherkaoui, est cédé en location gérance.