Résorption des bidonvilles dans le Sud : un casse-tête pour Hejira

Un besoin immédiat de 46 000 unités d’habitat dans les provinces du Sud.
Une approche basée sur la mise en place en priorité de Zones d’aménagement progressif (ZAP).

Jamais auparavant le logement social dans les provinces du Sud n’avait revêtu un aspect aussi prioritaire dans l’action gouvernementale. Le nouveau programme, annoncé lors de la seconde session ordinaire du Corcas, tenue le 25 décembre 2006, est en préparation au niveau du ministère chargé de l’habitat et de l’urbanisme. Il nécessitera un budget total de 4,5 milliards de DH, financés à  hauteur de 2,5 milliards par le Budget de l’Etat.
Concrètement, ce projet ambitieux porte sur la réalisation, pour la période 2007-2010, de 84 000 unités de logement. Les études menées sur le terrain par les différents services du ministère de tutelle (agences urbaines, Erac Sud et Al Omrane Janoub, notamment) ont fait ressortir un déficit de 46 000 unités de logement à  pourvoir dans l’immédiat. 20 000 unités seront nécessaires pour pallier le manque enregistré et 26 000 pour reloger et recaser les ménages habitant des foyers d’habitat insalubre. Ces derniers sont essentiellement basés à  Laâyoune, avec les deux célèbres camps d’Al Wahda et Al Aâwda. Dans ces deux quartiers habitent des catégories sociales «spéciales», selon les propos d’un responsable du ministère de l’habitat, puisque constituées de Marocains séquestrés à  Tindouf et ayant rallié le Royaume depuis de nombreuses années.

70 ha à  Laâyoune et des centres d’estivage à  Foum El Oued et El Mersa
Le nouveau programme ainsi conçu concernera en tout neuf villes de la région, avec pour objectif principal d’y accélérer l’urbanisation. Il s’agit de Lâayoune, Assa-Zag, Smara, Boujdour, Tan Tan, Aousserd, Dakhla, Tata et Guelmim. L’assiette foncière dans ces différentes villes a d’ores et déjà  été identifiée et l’opération d’assainissement a même commencé pour certaines d’entre elles. A Laâyoune, par exemple, ce sont près de 70 ha qui seront mobilisés dans un premier lieu et qui feront l’objet d’un appel à  manifestation d’intérêt en vue de l’élaboration d’un partenariat public-privé. La procédure devrait être lancée d’ici la fin de ce mois de février. Une ville pose cependant problème, Guelmim en l’occurrence, o๠l’opération d’assainissement du foncier public traà®ne les pieds. Ce nouveau programme d’habitat et d’urbanisme répond également à  un souci de diversification puisqu’il prévoit la mise en place de deux centres d’estivage dans les petites localités de Foum El Oued et El Mersa dans la région de Laâyoune. Ils comporteront, des résidences touristiques et estivales, des commerces et des lieux d’animation.

«C’est une nouvelle approche qui a été adoptée dans ce dossier», expliquent des sources au ministère. Et d’ajouter : «Nous ne voulions pas buter sur les problèmes que la résorption de l’habitat insalubre a dû affronter dans le passé». En effet, le premier programme de relogement et de recasement des ménages des deux camps des ralliés date de 1998, année durant laquelle le gouvernement Youssoufi a présenté un projet qui portait sur la réalisation de 20 000 unités de logement, programme piloté à  l’époque par l’Erac Sud. Mais le programme a été bloqué à  cause de nombreux problèmes, ayant notamment trait au refus de la population de payer sa contribution financière. Il a fallu par la suite attendre l’année 2004 pour qu’un nouveau programme gouvernemental voie le jour, cette fois-ci piloté par l’Agence de développement des provinces du sud du Royaume.
D’un montant global de 1,4 milliard DH, il porte sur la construction de 20 000 logements ainsi qu’une vaste opération de restructuration urbaine en faveur de 200 000 ménages. Mais, là  aussi, l’opération a connu un nouveau dérapage dû essentiellement à  la réticence des bénéficiaires, selon les déclarations même de responsables du département de l’habitat. Ce qui les a poussés à  adopter une nouvelle approche, se basant cette fois-ci sur la mise au point de nombreuses zones d’aménagement progressif (ZAP), «quitte à  ne les faire bénéficier que du strict minimum en matière d’équipements et d’infrastrsucture dans un premier temps», souligne la même source. Ce nouveau programme de résorption totale de l’habitat insalubre dans les provinces du Sud sera soumis dans les prochains jours à  l’approbation du ministère de l’Intérieur avant d’être officiellement annoncé.