Résilience et durabilité, les grands défis de l’agriculture marocaine

Le Salon accueille cette année plus de 1 200 exposants de 63 pays. Meilleure gestion des sols, économie d’eau, utilisation optimale des fertilisants et des produits phytosanitaires sont quelques-uns des principaux défis.

Préservation de l’environnement et développement des énergies renouvelables. Ce sont deux grands volets de la politique de développement menée par le Maroc depuis quelques années. Confirmation est faite, si besoin est, par le choix du thème «Agriculture résiliente et durable» pour la 11e édition du Salon international de l’agriculture du Maroc (SIAM) qui se tient du 26 avril au 1er mai à Meknès et, de surcroît, à l’orée de la tenue de la COP22 prévue à Marrakech en novembre prochain. Cette édition a été inaugurée par SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan qui était accompagné de Cheikh Hamed Bin Zayed Al Nahyan, Président du Cabinet du Prince Héritier d’Abou Dhabi. Etait aussi présent Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime.

Du point de vue conjoncturel, la thématique est bien choisie puisque l’année agricole est marquée par un retard des pluies qui a affecté les rendements. En effet, cette situation «a eu un impact négatif sur la culture des céréales et le pâturage. Mais finalement, nous n’avons pas de problème d’eau mais plutôt de répartition et de régularité. Le thème «Agriculture résiliente et durable» permettra, à travers des débats, de trouver des alternatives et faire profiter les agriculteurs de l’accès à l’information, des recommandations des experts et des nouvelles techniques pour pallier les aléas climatiques», déclare Jaouad Chami, commissaire général du SIAM.

Un carrefour d’échange et une vitrine de l’essor agricole du Maroc

Le SIAM accueille cette année plus de 1 200 exposants venus de 63 pays (dont les Emirats Arabes Unis comme pays d’honneur qui dispose d’une importante plateforme de distribution de fruits et légumes à Dubaï). C’est une occasion pour les producteurs marocains d’approcher les clients potentiels à travers des réunions B2B et d’améliorer ainsi leurs exportations. Des producteurs aux distributeurs, en passant par les équipementiers, les fournisseurs d’intrants et les prestataires de services, toutes les filières agricoles et de l’élevage peuvent y nouer des relations d’affaires florissantes. Par exemple, «les fournisseurs de matériels agricoles réalisent 40% de leur chiffre d’affaires pendant les 6 jours du SIAM», assure le commissaire général du Salon. En somme, le plus grand évènement professionnel de l’agriculture et le plus important du continent africain se veut un carrefour d’échange et une vitrine de l’essor agricole du Maroc.

Mais l’objectif n’est pas seulement commercial. Survenant à 4 ans de l’échéance du Plan Maroc Vert (en 2020), le SIAM 2016 représente une opportunité d’évaluer les avancées du secteur agricole national. «Le Plan Maroc Vert a beaucoup apporté au SIAM. A titre d’exemple, lors de la première édition, nous avons eu du mal à rassembler une vingtaine de coopératives ayant une offre diversifiée et acceptable. Aujourd’hui, elles sont 300 à exposer au SIAM», souligne Jaouad Chami. L’objectif de cette stratégie de développement agricole, qui est de faire de l’agriculture nationale un vrai levier de croissance social et économique, ne peut être atteint sans la prise en considération de l’environnement fragile dans lequel évolue le secteur agricole.

La préservation de l’environnement, un volet important du PMV

Gestion des sols agricoles, optimisation de l’utilisation de l’eau, des fertilisants et des produits phytosanitaires, réduction de l’empreinte environnementale du travail agricole, production à partir d’une énergie renouvelable et d’une manière durable, tels sont les principaux défis de l’agriculture aujourd’hui. Dans ce cadre, le Plan Maroc Vert a consacré un fondement de sa stratégie à la sauvegarde des ressources naturelles pour une agriculture durable. Celui-ci consiste à élaborer un programme avec le Fonds mondial pour l’environnement (ayant jusqu’ici soutenu 1 000 projets dans 140 pays en développement) et le Fonds Hassan II pour le développement économique et social. Ces programmes visent l’adaptation de l’agriculture aux conditions climatiques.

Sur ce registre, le Plan Maroc Vert veut réduire les superficies consacrées aux céréales tout en augmentant les rendements et s’oriente vers des systèmes d’exploitation plus adaptés (retour au système pastoral basé sur la mobilité des troupeaux suivant les disponibilités des pâturages, le développement de l’arboriculture et l’entrée de techniques de semis direct). Le contrôle de la désertification et la croissance des plantes aromatiques, médicinales et des produits du terroir n’est pas en reste.

En outre, le ministère de tutelle mène des études pour trouver les possibilités de produire du bio-carburant. Un appui pour l’utilisation des énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz) dans le secteur agricole est également prévu.

Les effets de l’utilisation des engrais, pesticides et l’exploitation illimitée des nappes phréatiques ne sont pas négligés. Pour y remédier, le PMV a mis l’accent sur la rationalisation de l’eau. De plus, des technologies d’adaptation au changement climatique font leur entrée grâce au financement du projet d’intégration de cette nouvelle donne climatique dans la mise en œuvre du PMV. On peut en citer la gestion intégrée des cultures (fertilisation, contrôle des maladies et ravageurs, lutte contre les mauvaises herbes), l’irrigation d’appoint, la collecte des eaux pluviales au niveau de la parcelle et l’utilisation de nouvelles variétés et de semences certifiées. Le but est de garantir une agriculture durable, productive et respectueuse de l’environnement.

En marge de l’inauguration de la 11e édition du SIAM, SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan a remis les certificats attestant les signes distinctifs d’origine et de qualité (SDOQ) à huit producteurs. Sept produits ont obtenu le label Indication géographique (IG). Il s’agit du «Henné Foum Zguid» de la région de Souss-Massa, de la «Figue de Barbarie Dellahia d’Al Hoceima» de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, du «Cumin Beldi des Rhamna» de la région de Marrakech-Safi, de l’«Amande d’Aknoul» de la région de Fès-Meknès, des «Amandes d’Amellago-Assoul» de la région de Draa-Tafilalet, de l’«Huile d’Olive de Sefrou» de la région de Fès-Meknès et du «Lait de chamelle du Sahara» de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Le Label agricole (LA) a été décerné à l’«Huile d’olive Al Alfica».