Résidence Nour : les propriétaires voient le bout du tunnel après 19 mois d’attente !

Ils avaient acheté fin 2005 pour être livrés en août 2006

les logements ont été achevés mais les travaux d’assainissement ont tardé

Le litige est résolu. Les acquéreurs demanderont des indemnisations.

Soulagement pour les quelque 200 familles qui avaient acheté des appartements des tranches I et II du projet Nour Californie, auprès de Chaâbi Lil Iskane, filiale de promotion immobilière d’Ynna Holding. Après avoir attendu plus d’un an et demi pour pouvoir intégrer leurs appartements, ils devraient enfin recevoir leurs clés. La «réunion de la dernière chance», à  laquelle ont participé, mardi 4 mars, le comité formé de quelques-uns de ces propriétaires, le maire de Casablanca, Mohamed Sajid, et le promoteur, Chaâbi Lil Iskane, a finalement permis de trouver un terrain d’entente : les logements seront livrés une fois les travaux d’assainissement finalisés. Ceux-ci devaient commencer dès jeudi 6 mars. Une situation insoutenable pour certaines familles La Résidence Nour est un projet immobilier de 760 appartements sur une superficie de près de six hectares. Les appartements, dont les prix variaient entre 400 000 et 800 000 DH, sont partis comme des petits pains lors de la vente des premiers logements fin 2005.

La première tranche devait être livrée en août 2006 mais, à  ce jour, personne n’a pu emménager. Pourtant, les logements ont été construits dans les délais. Raison de l’imbroglio : selon le plan d’aménagement urbain, la conduite d’eau usée qui doit être raccordée au réseau public devait traverser un terrain appartenant à  une famille connue de Casablanca. Or, celle-ci refusait de céder le passage, à  moins d’obtenir un joli pécule de plusieurs millions de dirhams. L’ennui est que l’Agence urbaine, le Conseil de la ville, le promoteur et le propriétaire du terrain «problématique» se sont renvoyé la balle pendant… 19 mois ! Conclusion : tous les propriétaires, et même ceux qui avaient payé l’hypothèque en entier, se sont retrouvés sans toit. A l’issue de la rencontre de mardi, le propriétaire du terrain de la discorde et le promoteur se sont enfin entendus.

La partie du terrain nécessaire au passage de la voie d’assainissement sera donc rachetée par Chaâbi et Tissiria SARL (qui mène aussi un projet immobilier adjacent). Impossible d’obtenir le montant exact de la transaction, mais on parle d’environ 8 MDH. Pour les acquéreurs du projet Nour, la lutte est toutefois loin d’être terminée. Ils devront maintenant mener une seconde bataille : celle des indemnisations. En effet, plus d’une famille s’est retrouvée sur la paille suite à  cette mésaventure. «Il a fallu plus d’un an au promoteur avant d’avouer que le problème était dû à  la conduite d’assainissement», raconte un acquéreur. Entre la date de livraison, initialement prévue en août 2006, et aujourd’hui, plusieurs familles ont dû faire face à  deux traites. «Certains d’entre nous ont dû louer un logement à  courte durée, ce qui est très coûteux», indique la même source. Le promoteur aurait fait une dizaine de promesses de livraisons successives aux propriétaires. «Alors, nous vivions dans le provisoire depuis cette date. Nous ne nous sommes jamais vraiment installés, croyant que nous emménagerions d’une semaine à  l’autre», ajoute un autre.

Certaines situations sont carrément devenues insoutenables. «Comme nous croyions déménager deux mois après, j’avais inscrit mes enfants dans une école primaire à  Californie. Depuis un an et demi maintenant, je fais le trajet Aà¯n Sebaâ – Californie chaque jour pour les emmener à  l’école et les récupérer le soir !», se plaint une mère. Le désarroi des propriétaires a atteint son paroxysme la semaine dernière, à  l’issue d’une des sessions du Conseil de la ville. «On nous avait promis que notre problème y serait examiné. Or, le Conseil a seulement statué que la voie d’assainissement apparaissait bien sur le plan d’aménagement urbain», explique-t-on. Furieux, les propriétaires ont alors envahi le siège de Chaâbi Lil Iskane, à  Casablanca. Le comité les a toutefois convaincus de leur accorder une dernière semaine de négociation. Il faut dire que ces familles étaient prises à  la gorge. En effet, le prix du m2 qui tournait autour de 6 500 DH au moment de l’achat a grimpé (il est à  9 000 DH aujourd’hui).
«Même en revendant, nous n’aurions pas eu les moyens d’acheter autre chose dans le quartier !», affirme un des propriétaires. Reste à  savoir quel type d’indemnisation le groupe Chaâbi offrira à  ces familles. «Certains demandent l’équivalent de deux ans de loyer», prévient un acquéreur. Sollicités pour de plus amples explications sur ce point, les responsables du groupe se sont bornés à  nous affirmer que la crise était dénouée.