Reprise de l’investissement et ralentissement de la consommation

La consommation des ménages, hors inflation, a augmenté de 2,7% en 2014 contre 3,7% un an auparavant. L’investissement a quant à  lui crû de 0,7% au lieu d’une stagnation en 2013.

L’examen des comptes nationaux trimestriels publiés par le HCP (mais dont la consolidation sur une base annuelle n’interviendra qu’en juin prochain) montre que l’investissement, en termes réels, a augmenté de 0,7% en 2014, soit nettement mieux qu’en 2013 (-0,1%). La bonne tenue des investissements étrangers et l’amélioration des investissements publics y ont sans doute contribué.

On peut aussi oser une autre interprétation que suggère l’évolution des autres variables des comptes nationaux trimestriels : cette reprise de l’investissement serait la conséquence du ralentissement (de 1 point) de la consommation des ménages et, plus globalement, de la consommation finale nationale.

La consommation des ménages, en effet, a crû, en termes réels, de 2,7% contre 3,7% en 2013. Celle des administrations publiques a elle aussi ralenti à 2,9%, toujours en termes réels, au lieu de 3,7% un an auparavant. De sorte que la consommation finale nationale a progressé de 2,7% en 2014 au lieu de 3,7% en 2014.

Cela semble confirmer l’inflexion observée ici même, il y a déjà quelques mois, dans le modèle de croissance que connaît le Maroc depuis de longues années.

L’épargne en hausse de 0,74%

Depuis le début de la décennie 2000, la consommation des ménages a augmenté de plus de 4% en moyenne par an. Entre 2008 et 2013, le rythme s’est même accéléré à 4,6%. Autrement dit, cette consommation des ménages a longtemps été (et le demeure encore) la variable principale de la croissance. En valeur absolue, elle représente pas loin de 60% du PIB. Ceci a conduit certains observateurs à considérer, à tort ou raison, que le lourd déficit de financement de l’économie, que le pays connaît ces dernières années (et qui tend à s’atténuer depuis 2013), est la conséquence d’un arbitrage en faveur de la consommation. En témoigneraient les multiples revalorisations de salaires (dans le cadre du dialogue social, notamment), les réductions successives de l’impôt sur le revenu, les subventions sur certains produits de base et la maîtrise de l’inflation.

Cette séquence historique, que l’on peut situer entre 2007 et 2011, serait donc à l’origine de l’apparition des déficits jumeaux, que le gouvernement s’emploie à réduire au moyen d’un rééquilibrage de la demande intérieure en faveur de l’investissement. La réforme du système de compensation, les mesures de limitation de certaines importations, entre autres, font partie de ces moyens utilisés pour réorienter le revenu national vers plus d’épargne et donc d’investissement. En 2014, le revenu national brut disponible (RNBD) a augmenté de 2,6%, à 946,1 milliards de DH et l’épargne de 0,74%, à 233,7 milliards de DH.