Renault Tanger, un tournant pour le secteur de l’Automobile

L’installation du constructeur français et l’arrivée de grands équipementiers internationaux ont redessiné les contours de l’industrie automobile nationale. Avec plus de 31 milliards de DH, le secteur pèse dorénavant 17% des exportations du royaume et emploie 5 500 personnes.

L’inauguration, en février 2012, de l’usine Renault Tanger par SM le Roi Mohammed VI a constitué un tournant pour le secteur automobile. Un an après le démarrage de l’activité, le site a doublé sa production et a fabriqué plus de 100 000 véhicules. L’usine est devenue la deuxième plateforme par son importance de la gamme «entry» de Renault Nissan, après l’usine historique de Pitesti en Roumanie.

Cette montée en régime du constructeur, dont la production devrait dépasser les 200 000 véhicules en 2014, a créé un effet d’entraînement certain au niveau de toute la filière de l’industrie automobile, notamment au niveau de la zone franche de Tanger. En effet, plusieurs grands équipementiers internationaux sont venus s’y installer dont la plupart sont fournisseurs de Renault, à l’image de Saint-Gobain, Delphi, Valeo, GMD, Yazaki, qui participent de plus en plus à l’intégration du tissu industriel du pays. D’autres seraient intéressés également par délocaliser leur activité à Tanger en raison des besoins grandissants du constructeur français.

Grâce à cette dynamique, le secteur de l’automobile s’impose aujourd’hui comme véritable locomotive des métiers mondiaux et dope la balance commerciale du Maroc. En effet, ses exportations sont depuis quelques années sur une trajectoire ascendante. Après la performance de 24% en 2013, avec plus de 31 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export, l’année 2014 pourrait enregistrer un nouveau record. Rien que sur les six premiers mois de l’année, les exportations ont marqué un bond de plus de 35% pour s’établir à 21 milliards de DH. Par ailleurs, Renault compte procéder à de nouveaux investissements industriels à l’horizon 2016. Aussi, le constructeur compte miser davantage sur le développement de la plateforme d’export ILN (International Logistics Network). Cette plateforme permet aujourd’hui l’export de pièces détachées fabriquées à Tanger ou chez des fournisseurs locaux vers d’autres usines de Renault, notamment en Inde, au Brésil, en Russie et en Colombie. Cette activité représentera d’ici 2016 plus de 100 conteneurs exportés par semaine à travers le port Tanger Med, renfonçant ainsi l’offre exportable du Maroc.

L’usine de Tanger pourvoie aujourd’hui 5 500 postes contre 4 200 à fin 2012, et doit atteindre à terme environ 6 000 salariés. Depuis l’ouverture du site en 2012, l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile (IFMIA) adjacent à l’usine de Melloussa a dépassé le million d’heures de formation. Ce centre, dont l’infrastructure a été financée par l’Etat marocain mais dont l’exploitation est assurée par Renault, a déjà formé plus de 5 500 salariés de l’usine de Tanger.