Rémunération des cadres : Plus on change d’entreprise, plus on gagne d’argent

Pour retenir un cadre ou en débaucher un autre, il n’y a pas trente six solutions: offrir plus! Résultat: Les augmentations salariales ont été particulièrement importantes pour certaines fonctions, notamment les directeurs SI. Les mêmes qui sont les plus recherchés. Décryptage.

Une progression de 28% par an, c’est le taux moyen d’une augmentation salariale d’un cadre dirigeant dans le cadre d’une mobilité externe ou plus particulièrement lors d’un changement d’entreprise. Elle serait de 15% en moyenne dans le cadre d’une mobilité interne. Il s’agit d’une progression constatée depuis 2000. En d’autres termes, quand le cadre reçoit une promotion, son salaire grimpe de 15% et quand il change d’entreprise, ses gains sont améliorés de 28%. La rémunération s’avère être davantage un motif de changement qu’un levier de fidélisation prioritaire, selon les responsables de l’enquête.
Concrètement, cette progression a profité surtout aux directeurs SI (+54% contre 10% dans le cas d’une mobilité interne). Traduction: Un cadre SI gagne en changeant d’entreprise cinq fois plus que s’il est promu par sa propre boîte. Les nouvelles expertises IT, face à l’urgence des enjeux digitaux, communs à l’ensemble des secteurs, se payent au prix fort.
Les rémunérations de la fonction direction marketing/communication/RSE ont également progressé de 31% dans le cadre d’un changement d’entreprise (Vs 17% dans le cadre d’une mobilité interne). Ce taux baisse d’un point pour les fonctions de direction générale/présidence et direction commerciale.
En revanche, les fonctions direction stratégie/développement et direction achat/logistique sont celles qui ont connu les progressions les moins importantes durant la même période. Elles sont respectivement de 19% et 17%. Dans tous les cas, l’écart avec l’augmentation interne reste important pour la plupart de ces fonctions.
L’enquête montre également qu’en 2021, 65% des cadres dirigeants ont une rémunération annuelle brute inférieure à 1,4 MDH, 18% d’entre eux touchent entre 1,4 et 1,8 MDH bruts annuels et que 16% touchent plus de 1,8 MDH bruts annuels.
A noter par ailleurs que 71% des sondés ont un bonus inférieur à 25% du salaire annuel brut, alors que seulement 19% des sondés ont un bonus supérieur à 30% du salaire annuel brut.

Énergie, biens de consommation et IT dans le podium des meilleurs rémunérateurs
Quel secteur rémunère le mieux? Selon l’étude d’IBB, le secteur de l’énergie arrive en tête, puisque 67% des dirigeants du secteur perçoivent une rémunération supérieure à 1,4 MDH bruts. Il s’agit d’un secteur en pleine croissance au Maroc et plus largement en Afrique, les compétences recherchées y sont rares.
Ils sont également 41% à toucher des rémunérations supérieures à 1,4 MDH dans les biens de consommation et le secteur des IT & Télécoms. En revanche, seulement 4% des sondés touchent ces niveaux de salaire dans les entreprises publiques. Ces dernières continuent de moins bien rémunérer que les autres en dépit d’un réajustement progressif de leurs grilles de salaires depuis quelques années.
Par rapport aux bonus, les secteurs du tourisme et des technologies se démarquent par leurs pratiques de bonification attractives : plus de 4 dirigeants sur 10 ont un bonus supérieur à 25% du salaire annuel brut.
Dans le secteur du tourisme, le niveau de rémunération fixe est relativement bas et compensé par un système de variable incitatif. Dans le secteur des technologies, 2 dirigeants sur 10 occupent une fonction commerciale, pour laquelle la part variable a toujours représenté une composante importante de la rémunération globale.

57% des PDG/DG gagnent plus de 1,4 MDH
Dans la catégorie des DG/PDG, 57% d’entre eux perçoivent une rémunération supérieure à 1,4 MDH et 43% sont au-dessous de cette rémunération. Après, ce sont les Directeurs Transformation qui ont les rémunérations les plus élevées : 43% ont une rémunération qui dépasse 1,4 MDH bruts annuels. Cela s’explique notamment par le fait que les profils en capacité de porter cette fonction sont rares et souvent issus de cabinets de conseil avec des packages très élevés. Toujours dans l’enquête, ces fonctions sont suivies de près par celles des Directions commerciales et Directions Stratégie/Développement.
À l’inverse, c’est au sein des Directions Achats, SI et Marketing Communication que les rémunérations restent les plus basses. Les Directeurs Achats sont plus jeunes que la moyenne du panel (17 ans d’expérience) et 61% travaillent en entreprises nationales. Quant aux Directeurs SI, ils sont surreprésentés dans le secteur de la finance où les niveaux de rémunération sont plus bas que la moyenne du marché. Les bonus les plus élevés concernent la fonction Stratégie/Développement. Ces postes sont plus fréquemment proposés par les entreprises marocaines qui, de manière générale, ont des pratiques en matière de variable moins normées et plus incitatives que les multinationales. Toujours est-il que les niveaux de rémunération restent très disparates sur la place et les écarts peuvent être importants pour une même fonction, selon l’entreprise, sa taille, son secteur d’activité mais aussi le parcours du cadre dirigeant.