Registre national agricole : Le Big Data au service des agriculteurs

Le RNA va permettre de fournir les informations nécessaires pour contribuer à l’élaboration des stratégies et des programmes publics. Il ouvre une nouvelle étape majeure dans la gestion et la gouvernance du secteur agricole.

C’est le ministre de l’agriculture qui l’affirme : L’efficacité du système national de la protection sociale au profit des agriculteurs est tributaire du déploiement d’une base de données crédible et actualisée. Mohammed Sadiki a ainsi souligné que le Registre national agricole (RNA), qui en est à ses dernières étapes, se veut un outil essentiel pour la politique agricole offrant une base de données numérique des exploitants agricoles et leurs exploitations géo-référencées avec un identifiant unique.

Ceci va permettre de fournir les informations nécessaires pour contribuer à l’élaboration des stratégies et des programmes publics et mettre à disposition des données sur les programmes de développement agricole, ainsi que les données facilitant l’accès à la couverture santé et à la protection sociale des agriculteurs.

Le projet de loi portant création du Registre national agricole, adopté récemment par les deux Chambres du Parlement, institue «une nouvelle étape majeure» dans la gestion et la gouvernance du secteur, notamment l’accélération de la protection sociale des agriculteurs, relève le ministre.

Cet outil stratégique repose sur un mécanisme qui permet de suivre les politiques agricoles et les interventions visant l’exploitation agricole. Il consiste en un recensement exhaustif des exploitants et des exploitations agricoles au niveau national, avec leur localisation géographique.

Dans le cadre de la mise en œuvre des engagements de l’Etat en matière de généralisation de la protection sociale des agriculteurs et de leurs familles, le gouvernement a ainsi élaboré un cadre juridique relatif à la couverture santé et au système de retraite, avec la promulgation de loi cadre 09.21 relative à la protection sociale.

Pour la mise en œuvre de la loi au profit des agriculteurs, un accord-cadre a été signé pour la généralisation de l’assurance maladie obligatoire de base, qui bénéficiera dans un premier temps à 1,6 million d’agriculteurs, en permettant à leurs familles de bénéficier de cette assurance.

L’importance du Big data est également été soulignée par Tariq Sijilmassi, président du directoire du Groupe Crédit Agricole du Maroc, qui a relevé que le RNA constitue, pour la banque «une grande révolution» à même de permettre notamment de simplifier les procédures de prélèvement des cotisations et de remboursement de l’AMO pour les agriculteurs.

Dans le cadre des mesures prises par la banque pour le soutien à la mise en place du RNA, le Crédit agricole met en place une double relation bancaire pour les agriculteurs, pour les accompagner dans leurs activités professionnelles et leurs besoins privés.

La banque a ainsi conçu l’offre «hissab mouzdawaj» permettant la création d’un compte personnel gratuit, en plus du compte professionnel de l’agriculteur pour couvrir l’ensemble de ses besoins personnels. Il s’agit, dans ce dernier cas, de «Hissab Al Ard (compte de l’agriculteur en tant que «professionnel»), identifié par le numéro RNA et de «Hissab Ad Dar» (compte de l’agriculteur en tant que «particulier»), identifié par le numéro de la CNIE.

Notons par ailleurs que le Groupe Crédit Agricole du Maroc a également démarré un ambitieux projet de Big Data agricole, qui vise à développer des synergies plus fortes entre les acteurs du secteur. L’objectif est de proposer un accompagnement financier et technique adapté via une meilleure connaissance des acteurs des chaînes de valeur agricoles, et d’améliorer la résilience du secteur à travers une meilleure compréhension des flux et activités dans le monde rural.

Même son de cloche chez le directeur général de l’Agence nationale de la conservation foncière du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) qui a mis en relief l’importance des données foncières et cadastrales dans la réussite du chantier de généralisation de la protection sociale au profit des agriculteurs. Le projet de connexion de manière contrôlée, d’une part, des bases de données liées au monde rural avec les bases de données foncières et cadastrales est une démarche pionnière ayant pour but de mettre à profit les données cadastrales dans le cadre d’une approche à caractère socioéconomique, a notamment souligné Karim Tajmouati, faisant savoir qu’une opération pilote devra être entamée pour affiner le mode opératoire lié aux opérations d’interconnexion de ces différentes bases de données M.C.

Agriculture intelligente, la révolution en marche

Systèmes d’informations géographiques et d’irrigation intelligents, capteurs IoT (appareils de l’internet des objets), drones, intelligence artificielle (IA), Big Data…, l’agriculture intelligente est désormais plus que jamais une révolution à portée de main. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agriculture intelligente a pour objet de renforcer la capacité des systèmes agricoles et de contribuer à la sécurité alimentaire. Elle se base notamment sur l’interconnexion entre l’internet et des objets, des lieux et des environnements physiques. L’agriculture intelligente se fonde sur l’utilisation des nouvelles technologies, telles que l’imagerie satellitaire, les systèmes de positionnement par satellite comme GPS, l’utilisation des capteurs qui vont s’occuper de récolter les informations utiles, entre autres, sur l’état du sol, le taux d’humidité, le taux des sels minéraux (…). Ces informations sont par la suite envoyées à l’agriculteur pour prendre les mesures nécessaires garantissant la bonne production. L’agriculture intelligente est une révolution globale à fort impact social et économique. Et dans ce cadre, le Maroc dispose de tous les atouts structurels pour tirer profit des nouvelles technologies dans le secteur agricole. Le Royaume dispose, en effet, d’une des meilleures connectivités d’Afrique. Plus encore, le déploiement futur de la 5G permettra l’exécution efficace de plusieurs solutions technologiques relatives à l’agriculture intelligente. Le poids de l’agriculture dans l’économie marocaine est important. Cependant, ce secteur demeure très dépendant aux aléas climatiques. D’où tout l’intérêt de l’agriculture intelligente face au climat qui réside dans sa contribution au renforcement des capacités d’adaptation des agriculteurs au changement climatique et la réduction de leurs vulnérabilités vis-à-vis aux variabilités du climat, ainsi que la réduction des émissions des gaz à effets de serre.