Réforme : le port de Casablanca en pleine mutation

Une nouvelle grille unique de tarifs est appliquée aux clients

La Somaport, opérationnelle à partir
de juin 2008, sous-traite pour le compte de la Sodep.

Après un conflit de plusieursmois suite à  l’entrée en vigueur de la réforme portuaire, les choses semblent avoir repris un cours normal au port de Casablanca. Pour l’heure, c’est l’Agence nationale des ports (ANP), l’organe de régulation, qui veille au grain. Selon Jamal Benjelloun, son directeur, les clients du port s’adressent, en attendant, à  la Sodep (ex- Odep) qui sous-traite certaines activités à  Somaport, nouvelle entreprise créée par la Comanav, conformément à  la convention qui lie les trois parties. Progressivement, les rôles respectifs et les règles du jeu se clarifient.En effet,une grille unique des tarifs est appliquée à  tous les clients qui ont un seul interlocuteur et reçoivent une seule facture.

1 900 jours de formation dispensés au personnel de Somaport

Mais, explique M. Benjelloun, plus que l’organisation du travail dans l’enceinte du port, «ce qui est important, c’est de mettre à  niveau l’activité portuaire qui n’est qu’un maillon dans la chaà®ne de la logistique nationale, laquelle englobe le transport routier, l’aérien, et les infrastructures de communication d’une manière générale». Il ne faut pas oublier, précise le directeur de l’ANP, que le Maroc, avec l’accord de libre-échange avec l’Union européenne et l’élargissement de celle-ci, va être soumis à  une rude concurrence. Il ne s’agit donc pas seulement de réduire les coûts directs, comme c’est le cas depuis le 12mars avec l’introduction de la nouvelle grille,mais aussi les coûts indirects en supprimant les obstacles à  la fluidité de la circulation desmarchandises et en travaillant sur des gisements d’amélioration de la productivité. A en croire Jamal Benjelloun, le port de Casablanca est en pleinemutation, avec plusieurs chantiers : aménagement des terminaux, nouvelle exploitation de l’espace et, surtout, un large programme de formation pour les employés des deux sociétés qui doivent apprendre des nouveauxmétiers, sans oublier la refonte de la réglementation de l’exploitation pour assurer une saine concurrence.

En matière de formation, 1 900 jours ont déjà  été dispensés au personnel de la Somaport, et un nouveau cycle de formation sur les métiers du port est en préparation. Pour la réglementation relative à  l’organisation, le texte est pratiquement finalisé, précise M.Benjelloun qui espère que l’aménagement des espaces sera achevé dans 5 à  6 mois. Mais il faudra continuer à  travailler avec le système actuel en attendant que la Somaport soit équipée de ses

propres grues et portiques.Ce sera probablement vers juin 2008. L’Agence pourra alors revenir à  son activité d’organe de régulation et de contrôle. Mais aussi de «réflexion sur l’avenir des autres ports», conclut Jamal Benjelloun