Recyclage des déchets industriels : un marché encore trop timide

Une étude commandée par HP vient d’être remise au secrétariat d’Etat à  l’environnement.
Seulement deux entreprises actives dans la collecte des déchets électroniques.

23 000 tonnes ! C’est le volume de déchets industriels, produits annuellement au Maroc, selon le Centre marocain de production propre (CMPP). Cette activité, naguère artisanale, est en phase de modernisation, alors que, jusque-là, les méthodes utilisées étaient loin d’être écologiques : les préposés au tri étaient directement en contact avec des substances cancérigènes et les sols contaminés par des produits hautement toxiques.
Ainsi, le constructeur informatique HP a commandé au CMPP une étude sur le retraitement des déchets dans le pays. Les conclusions viennent d’être remises au Secrétariat d’Etat chargé de l’environnement. D’après cette étude, seuls deux projets de recyclage  existent, notamment dans le domaine de l’électronique. La première entreprise concernée, IVSEP, a bénéficié des conseils du CMPP pour son projet.

Les habitudes sont en train de changer
Un autre opérateur, Aït Rahou, est également en lice sur ce marché. Ces deux projets ont pour objectif le retraitement de déchets électroniques et électriques comme les téléviseurs, les ordinateurs et les téléphones. Ces produits de grande consommation sont riches en métaux nobles, précieux et semi précieux.
Alors que le Maroc dispose d’un arsenal juridique étoffé pour préserver l’environnement, les industriels réellement préoccupés par la préservation de l’environnement sont encore peu nombreux. Pourtant, «en règle générale, une usine industrielle recycle elle-même ses déchets pour les intégrer dans le cycle de production», explique-t-on chez Ingelec. Des experts ajoutent que «la meilleure manière de garantir une dépollution c’est encore de structurer l’industrie». Sous la poussée des partenaires étrangers, les habitudes commencent à changer. Ainsi, plusieurs projets de dépollution sont programmés ou réalisés dans le pays, dans des secteurs autres que l’électronique. Parmi ceux-là, celui qui est programmé dans la région de Fès avec le soutien de la Banque mondiale, et ceux d’Azrou et Ouled Taïma avec l’aide de l’USAID. Les gouvernements allemands et danois soutiennent d’autres projets de recyclage des déchets industriels dans les régions de Larache, Tanger et Khémisset. Bien entendu, les déchets dangereux ne pourront être traités que dans des installations spécialisées. Leur collecte et leur transport sont soumis à autorisation conformément au Plan directeur national de gestion des déchets dangereux. Signe que la collecte obéit à des normes.